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L'internet des objets

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Qu’est-ce que l’internet des objets ?

L’internet des objets (IoT, Internet of Things) se situe à la confluence des secteurs de l’informatique et des communications électroniques, où tout objet communique, peut être interrogé, envoie de l’information et interagit. L’Union Internationale des Télécommunications (UIT) définit ainsi en 2012 l’internet des objets comme une « infrastructure mondiale pour la société de l’information, qui permet de disposer de services évolués en interconnectant des objets (physiques ou virtuels) grâce aux technologies de l’information et de la communication interopérables existantes ou en évolution ».

De manière plus pragmatique, l’internet des objets correspond à un ensemble d’objets connectés, de communications et d’internet, qui se conjugue avec les vagues du cloud et du big data :

  • les objets physiques possèdent des technologies embarquées de capteurs, d’intelligence et de connectivité, leur permettant de communiquer avec d’autres objets ;
  • les réseaux de communications électroniques permettent de transporter les données issues des objets ;
  • l’informatique, plus ou moins distribuée, apporte les outils pour le stockage, la corrélation et l’analyse de ces données. C’est d’ailleurs souvent dans ce cloud que se trouvent les processus décisionnels à même de rétroagir sur les objets physiques.

Qui est concerné ?

Les domaines économiques qui pourront profiter de la croissance liée à l’internet des objets sont très variés : l’internet des objets participera aux évolutions structurantes de secteurs aussi divers que l’énergie, les transports, l’automobile, l’agriculture, les assurances ou la santé. L’internet des objets pourra autant permettre à des éléments de la maison de communiquer des informations à l’attention de l’utilisateur qu’aux véhicules de communiquer entre eux ainsi qu’avec les territoires intelligents qu’ils traverseront. C’est également grâce aux solutions de l’internet des objets que certains individus pourront contrôler leurs données de santé ou que les industriels optimiseront leurs processus opérationnels.

La nébuleuse de l’internet des objets est constituée d’une multitude d’acteurs, issus de secteurs différents et fonctionnant ensemble afin de constituer ce nouveau pan d’activité économique :

  • les concepteurs et fabricants d’objets à connecter ;
  • les fabricants des composants de modules, qui apportent la connectivité aux objets via des composants matériels et logiciels embarqués ;
  • les opérateurs et équipementiers de réseaux permettant de connecter les objets et les services du cloud ;
  • les opérateurs de cloud assurant principalement le stockage et le traitement des données brutes ;
  • les fournisseurs d’interfaces logicielles, ou de middleware, permettant de faire communiquer les différents objets ;
  • les intégrateurs qui orchestrent l’ensemble des briques précédentes ;
  • les fournisseurs de services et agrégateurs de données ;
  • les acteurs de la sécurité.

Le rôle de l'Arcep

Un des douze chantiers de la revue stratégique

L’innovation est la source principale de la compétitivité du secteur des télécommunications puisqu’elle permet d’offrir aux utilisateurs grand public et entreprises des produits et des services plus adaptés à leurs besoins. L’Arcep a toujours intégré cette dimension dans sa régulation. Elle devrait certainement aujourd’hui prendre plus encore en compte ce rôle d’ouverture à l’innovation pour permettre au marché d’évoluer au rythme attendu par les utilisateurs, sans renier les principes essentiels des communications électroniques et sans affaiblir le secteur. C’est la raison pour laquelle l’Autorité compte parmi 12 chantiers prioritaires les PME connectées, la neutralité de l’internet et aussi l’Internet des objets.

Pour l’Arcep, régulateur des communications électroniques, il est essentiel de préparer et d’accompagner cette révolution en jouant le rôle de facilitateur.

Le mouvement de l’Internet des objets débute seulement : la croissance des dépenses liées à l’internet des objets est aujourd’hui 3 fois plus rapide que celle des marchés des TIC. En 2020, certains estiment que ce seront 15% des objets, soit 50 milliards d’objets connectés à Internet, qui génèreront un quart de toutes les données mondiales, pour un marché évalué à 7 000 milliards de dollars.

Une spécificité de l’internet des objets est qu’il mobilise aussi bien des problématiques « grand public » que des enjeux propres au monde de l’entreprise, de l’industrie et des services.

Les enjeux pour l'Arcep

Les enjeux suivants, plus spécifiques aux métiers de l’Arcep, ont également été identifiés dans le livre blanc publié par l'Autorité le 7 novembre 2016 :

Assurer une connectivité multiple, mobile, fiable et à faible coût

L’internet des objets nécessite une connectivité étendue qui repose sur une diversité de technologies. De nouveaux réseaux Ensemble de lignes, de voies de communication, etc., qui desservent une même unité géographique. dédiés à l’internet des objets (LPWAN, etc.) complètent les réseaux existants fixes, cellulaires, satellitaires ou de courte portée (Wi-Fi, Bluetooth, etc.) pour répondre à une palette de besoins variés de couverture, de latence, d’autonomie, de consommation énergétique, ou de coûts.

Veiller à la disponibilité des ressources rares

Fréquences. Les fréquences sont soumises à un régime d’autorisation individuelle ou générale. Dans ce dernier cas, elles sont dites « libres » et sont utilisées par des acteurs de plus en plus nombreux aux usages non répertoriés. Si, à court terme, une saturation de ces bandes ne semble pas devoir se produire, à moyen terme, cette situation pose la question de la quantité de spectre à même de répondre aux besoins croissants de l’internet des objets. Le formulaire de remontée des problèmes de qualité de service dans les bandes libres est une des réponses à cet enjeu.

Identifiants. En ce qui concerne l’adressage, la croissance exponentielle du nombre d’objets connectés interroge sur l’unicité ou l’éventuelle pénurie des identifiants et, en particulier, sur la transition de l’IPv4 vers l’IPv6.

Garder un jeu ouvert à tous

Le secteur de l’internet des objets est en cours de structuration. Plusieurs technologies existent, sans qu’aucun standard ne s’impose à ce stade. Pour l’Arcep, il convient de ne pas entraver l’innovation, en laissant avant tout les utilisateurs arbitrer entre les options.

Accompagner les acteurs, favoriser l’écosystème

Les solutions offertes par l’internet des objets sont en pleine multiplication et bouleversent d’ores et déjà le quotidien des particuliers, des territoires et des entreprises. Cette mutation appelle à la poursuite des travaux de l’Arcep pour réunir régulièrement l’écosystème de l’internet des objets autour de thématiques spécifiques.

La démarche de l'Arcep pour faciliter l'IoT

Gestion du spectre, architecture des réseaux, numérotation, sécurité des données, droits d’accès ou interopérabilité : l’IoT soulève des problématiques au cœur des compétences de l’Arcep.

Auto-organisation

L’objectif de l’Arcep est de favoriser l’auto-organisation de l’écosystème en identifiant et en anticipant les éventuelles décisions structurantes qui devraient être prises. Plusieurs technologies existent, sans qu’aucun standard ne s’impose à ce stade. Pour l’Arcep, il convient de ne pas entraver l’innovation, en laissant avant tout les utilisateurs arbitrer entre les options.

Collaboration

Les problématiques liées à l’IoT étant très transverses (protection des données personnelles, organisation de la chaine de valeur et de l’écosystème, sécurité des systèmes d’information…), l’Arcep s’est attachée à collaborer avec plusieurs institutions pour réaliser son livre blanc :

 Les auditions et ateliers thématiques

En complément,  l’Arcep a échangé avec une trentaine de parties prenantes de l’IoT au travers d’auditions, de séminaires, et de plusieurs ateliers thématiques, parmi lesquels :

 Industrie et transport connecté

 

Bâtiment connecté et ville intelligente

Santé connectée

Le livre blanc de l'Arcep sur l'internet des objets

À l’occasion du colloque Internet des objets : inventer une régulation pro-innovation, qui s'est déroulé le 7 novembre 2016 à Paris, l’Arcep a publié un livre blanc composé de deux documents :

– Une cartographie des enjeux de la révolution de l’Internet des objets ;

– Les orientations de l’Arcep pour inventer une régulation pro innovation.

Revivre le colloque

Préparer la révolution de l'internet des objets