Le marché des activités postales et connexes en France

Observatoire des activités postales - année 2018

Remarques générales

L’Autorité de régulation des communications électroniques et des postes publie les résultats de l’enquête annuelle 2018 menée sur les marchés des activités postales[1] et des activités connexes. Cette enquête a été conduite auprès des opérateurs autorisés au 31 décembre 2018 et auprès des opérateurs des marchés non soumis à autorisation pour la publicité non adressée.

Les données sur le marché des envois de correspondance sont issues de l’enquête statistique de l’Arcep auprès des opérateurs de services postaux. Cette enquête revêt un caractère obligatoire pour tous les opérateurs titulaires d’une autorisation comme le prévoient les dispositions de l'article L. 135 du code des postes et des communications électroniques : « L’Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (Arcep) peut recueillir les données et mener toutes actions d'informations sur le secteur des postes. À cette fin, les opérateurs titulaires de l'autorisation prévue à l’article L.3 et le prestataire du service universel postal sont tenus de lui fournir les informations statistiques concernant l'utilisation, la zone de couverture et les modalités d'accès à leur service ».

Sur les marchés non soumis à autorisation (presse par portage, express et publicité non adressée), des sources complémentaires sont utilisées. Pour l’express, les données proviennent de la publication du Ministère de la Transition écologique et solidaire relative à la messagerie et l’express. Les chiffres sur le volume du portage de presse sont issus de l’observatoire de l’Alliance pour les Chiffres de la Presse et des Médias (ACPM – ex OJD) tandis que les dépenses publicitaires sont celles publiées par iFrance Presse et l’Irep.

Sur le segment des colis hors express, les données de la publication concernent uniquement les colis distribués par les opérateurs autorisés.


[1] La liste des opérateurs est consultable sur le site de l’Autorité

Rupture de séries

En 2017, une meilleure prise en compte des colis contenant des petits objets (ou petits paquets) a entrainé une réaffectation d’une partie de ces objets et des revenus associés des envois de correspondance vers les colis. Cette réaffectation concerne les petits paquets importés et exportés. Cette modification de périmètre a principalement conduit à un transfert de flux et de revenus :

  • De la rubrique « envois de correspondance distribués en France » vers la rubrique « colis distribué en France » s’agissant des petits paquets importés;
  • De la rubrique « envois de correspondance exportés hors publicité adressée » vers la rubrique « colis exportés » s’agissant des petits paquets exportés.

Afin d’éviter toute rupture de séries sur les années récentes, les données sont présentées à périmètre constant, c’est-à-dire après réaffectation de ces petits paquets sur la période allant de 2014 à 2018. En revanche, il peut exister une rupture de séries entre les années 2013 et 2014.

Synthèse

L’activité postale représente 11,2 milliards d’objets adressés en 2018 (plis, colis hors express, presse par circuit postal, domestique et à l’international), pour un revenu de 10,1 milliards d’euros hors taxes. La contraction du volume total d’objets s’amplifie nettement en 2018 (-7,7% en un an), après quatre années autour de -5% par an. Elle touche tous les types d’objets, à l’exception de l’activité colis domestique, import et export, dont la croissance reste élevée pour la quatrième année consécutive.  Le recul du revenu associé à l’activité postale est également plus marqué que l’année précédente (-1,7% en 2018 contre -0,7% en 2017), mais dans une moindre mesure au regard des volumes : il se situe autour de -1% à -2% par an depuis trois ans. Ce phénomène s’explique principalement, en 2018, par les augmentations tarifaires sur les produits du service universel (+5% en 2018 contre +3,3% en 2017).

Pour la première fois, moins de 10 milliards de plis ont été distribués en France ou exportés

Les flux d’envois de correspondance représentent près de neuf objets distribués ou exportés sur dix.

Le volume des envois de correspondance distribués en France diminue pour la onzième année consécutive, et à un rythme jamais atteint auparavant (-8,8% en un an). Au sein des flux de courriers distribués en France, c’est le segment des envois de correspondance hors marketing direct qui subit un recul accru, avec une diminution d’environ -10% (contre -5% en 2017). La diminution du revenu afférent au courrier distribué en France (-4,0% en 2018), plus de deux fois inférieure à celle du trafic, est notamment contenue par l’accroissement tarifaire des lettres distribuées en J+1 et J+2.

A l’import et à l’export, le trafic diminue sensiblement au même rythme en 2018, autour de -5% en un an. Le revenu associé suit la tendance des volumes à l’export, mais la diminution est nettement moindre à l’import, sous l’effet de hausses tarifaires.

Le marché de la distribution de colis par les opérateurs autorisés (hors express) continue de progresser à un rythme soutenu.

Le nombre de colis distribués en France par les opérateurs autorisés progresse de 10,2%. Cette hausse, supérieure à 10% depuis trois ans, touche tous les types de colis, mais elle est majoritairement portée par celle des colis contenant de petits objets, notamment sous l’effet de la progression petits paquets importés en provenance d’Asie. La croissance du revenu des colis distribués en France est sensiblement identique depuis trois ans (+7,9% en 2018), Le revenu global, y compris l’export (2,3 milliards d’euros) représente près du quart du revenu lié à l’activité postale, contre seulement 5% des flux.

Le marché de la distribution de presse à domicile diminue, quel que soit le mode de livraison.

Quel que soit le mode de distribution de la presse (portage ou circuit postal), le nombre de titres distribués décroît au rythme de 2017 : -3,1% en un an s’agissant du portage, -7,1% concernant la distribution par circuit postal. Le revenu associé à la distribution de presse par circuit postal, diminue dans une moindre mesure (- 4,7% en 2018), les hausses tarifaires compensant partiellement le recul des volumes.

Les volumes

Les revenus