Remarques générales
L’Autorité de régulation des communications électroniques, des postes et de la distribution de la presse publie les résultats de l’enquête annuelle 2025 menée sur les marchés des activités postales et des activités connexes. Cette publication s’inscrit dans le cadre des compétences confiées à l’Arcep par le législateur1. Elle a pour objectif principal d’assurer l’information de l’ensemble des acteurs du secteur sur les principaux segments du marché des activités postales et connexes.
Cette enquête est conduite auprès des 43 opérateurs autorisés à offrir des services postaux au titre de l’article L.5-1 du CPCE au 31 décembre 2025, des opérateurs des marchés non soumis à autorisation pour la publicité non adressée et des opérateurs de colis2. Cette étude mentionne également les flux de presse distribués par portage. Les données quantitatives présentées sont issues de l’observatoire de l’Alliance pour les Chiffres de la Presse et des Médias (ACPM).
L’ensemble des données présentées sont disponibles en open data sur la plateforme ouverte des données publiques françaises : https://www.data.gouv.fr/fr/datasets/observatoire-du-courrier-et-du-colis/. En particulier, les indicateurs relatifs au marché du colis sont disponibles sur l’ancien périmètre (opérateurs autorisés) jusqu’en 2018 et sur le nouveau périmètre (opérateurs autorisés et opérateurs de colis) à partir de 2017.
Ruptures de séries
En 2018, en raison de l’élargissement du périmètre des opérateurs interrogés (voir ci-dessus), les indicateurs de colis, d’emploi et d’investissements font l’objet d’un changement de périmètre. Afin d’éviter une rupture de série sur les années récentes, les données sont présentées à périmètre constant, c’est-à-dire sur le champ des opérateurs autorisés et des opérateurs de colis à partir de 2017.
En 2017, une meilleure prise en compte des colis contenant des petits objets (ou petits paquets) a entraîné une réaffectation d’une partie de ces objets et des revenus associés des envois de correspondance vers les colis. Cette réaffectation concerne les petits paquets importés et exportés. Cette modification de périmètre a principalement conduit à un transfert de flux et de revenus des rubriques « envois de correspondance » vers les rubriques « colis ». Afin d’éviter une rupture de séries sur les années récentes, les données sont présentées à périmètre constant, c’est-à-dire après réaffectation de ces petits paquets sur la période allant de 2014 à 2021.
Synthèse
En 2025, 7,4 milliards d’objets adressés (plis, colis, presse par circuit postal) ont été distribués en France ou exportés, pour un revenu s’élevant à 15,7 milliards d’euros hors taxes. En repli de 5,1 % en un an, le volume d’objets adressés diminue à un rythme inférieur à celui de 2024 (- 6,7 %). Cette baisse s’inscrit dans la continuité de la réduction structurelle des flux postaux engagée depuis plus de quinze ans, et ce, malgré la croissance du volume de colis envoyés. En revanche, le revenu généré par l’envoi et la distribution des objets adressés progresse légèrement en 2025 (+ 0,8 % en un an), porté par le dynamisme du marché du colis, à un rythme pratiquement équivalent à celui de 2024 (+0,5 %), après deux années 2022 et 2023 de recul (- 2 % par an environ).
Le marché du colis progresse pour la troisième année consécutive
En 2025, le nombre de colis distribués en France et exportés atteint 1,9 milliard d’objets, en hausse de 6,8 % en un an. Cette croissance, portée par celle du marché domestique (+8,6 % en un an) et de l’export (+12,7 %), progresse pour la troisième année consécutive, après une contraction inédite de 5 % en 20223.
Le revenu issu de la distribution des colis en France et à l’export augmente également, à un rythme inférieur à celui du volume (+ 3,7 % en un an). Cette croissance est portée par l’ensemble des segments de marché, domestique, import et export. Le revenu issu de la distribution de colis en France et à l’export s’élève à 10,3 milliards d’euros HT. Il représente en 2025 près des deux tiers du revenu généré par les activités de distribution d’objets adressés (+ 2 points en un an).
Le recul sur le marché du courrier se poursuit, en volume comme en valeur
Le nombre d’envois de correspondance distribués en France et exportés s’élève à 5,0 milliards en 2025. En repli de 8,5 %, ce trafic diminue à un rythme pratiquement équivalent à celui observé en 2024 (- 9,5 %). Hors courrier électoral distribué en 2022 et 2024, les envois de correspondance des particuliers et petites entreprises diminuent d’environ 15 % par an depuis quatre ans. Les envois des particuliers et petits professionnels représentent, en 2025, 20 % des envois en France (-4 points en un an). En comparaison, le volume de courrier industriel diminue beaucoup moins fortement en 2025 (- 3 % en un an).
Le revenu provenant de la distribution de courrier diminue quant à lui de 4,1 % en un an. Cette baisse est en partie contenue par les augmentations tarifaires intervenues en 2025 sur les produits relevant du service universel.
Le recul tendanciel du marché de la presse distribuée aux abonnés se poursuit
Les flux de presse distribuée par circuit postal, en recul depuis vingt ans, diminuent de 8,5 % en un an en 2025. Cette contraction s’accompagne d’une baisse pratiquement équivalente (- 8,0 % en un an) du revenu associé4. Le volume de presse distribuée par portage recule également, à un rythme inférieur à celui de la presse postée (- 6,4 %).
La chute du marché de la publicité non adressée se poursuit
En fort repli depuis 2020, le marché de la publicité non adressée diminue de 29,9 % en volume en 2025. Le nombre d’objets non adressés (5,3 milliards en 2025) est 28 % inférieur au volume des objets adressés, alors qu’il en représentait plus du double en 2019. Le revenu afférent à la publicité non adressée, 237 millions d’euros HT, diminue conjointement de 16,7 %.
1 Voir le cadre juridique applicable dans la décision n° 2019-0289. Décision n° 2019-0289 de l’Arcep en date du 12 mars 2019 relative à la mise en place d’enquêtes annuelles dans le secteur des postes
2 Depuis 2018, le règlement n°2018/644 du Parlement européen et du Conseil relatif aux services de livraison transfrontière de colis a donné de nouvelles compétences aux États membres. Il permet, entre autres, la collecte d'informations à caractère statistique auprès des opérateurs lorsque ceux-ci emploient au moins 50 salariés ou qu’ils sont présents dans plus d'un État membre. En conséquence, le périmètre de certains indicateurs présents dans cette publication a évolué en 2019. Auparavant présentés sur le seul champ des opérateurs autorisés au titre de la distribution de courrier, les indicateurs incluent également l’activité des opérateurs de colis.
3 En 2022, le marché du colis avait notamment pâti d’un environnement économique défavorable lié pour partie à la reprise de la crise sanitaire en Chine.
4 Le revenu généré par la distribution postale de la presse avait enregistré une hausse inédite de de 2,2 % en 2023, en raison de la suppression de tarifs spécifiques réservés aux titres de presse d’information politique et générale (PIPG), aux quotidiens à faibles ressources publicitaires (QFRP) et à faible ressources de petites annonces (QFRA) (voir : Protocole d’accord entre la presse, La Poste et l’État portant réforme et programmation du service public de distribution de la presse papier abonnée pour les années 2022-2026)