Usages

La diffusion des technologies de l'information dans la société française : présentation de l'étude réalisée par le CREDOC à la demande du Conseil Général des Technologies de l'Information (Ministère de l'Economie, des Finances et de l'Industrie) et de l'Autorité de Régulation des Télécommunications (ART)

Paris, le 12 novembre 2003

Cette année 2003, l'Autorité de régulation des télécommunications (ART) s'est associée au Conseil Général des technologies de l’Information (CGTI) pour piloter l'enquête annuelle sur la diffusion des TIC dans la société française réalisée par le CREDOC.

L'association de ces deux institutions permet l'élargissement et la diversification de l'enquête, notamment au niveau des usages, en augmentant le nombre de questions posées.

Cette enquête porte sur l'ensemble du domaine des technologies de l'information : la téléphonie fixe et mobile, le micro-ordinateur, l'accès à Internet, et les nouveaux usages associés à Internet à haut débit et aux services mobiles.

 

Pour la première fois et à la demande des deux institutions, le champ de l'enquête a été étendu aux jeunes de 12 à 17 ans.

  • La téléphonie

     

Après avoir connu une croissance très élevée à la fin des années 90, l'équipement des personnes en téléphone mobile ralentit sa progression, sans que l'on puisse néanmoins présager d'une saturation du marché. La téléphonie fixe perd des abonnés mais cette diminution est assez lente.

La concurrence progresse réellement sur la téléphonie fixe : 21 % des français utilisent les services de plusieurs opérateurs à leur domicile en juin 2003, contre 9 % en juin 2000.

Les jeunes sont très équipés en téléphone mobile (90 % entre 18 et 29 ans). Ils sont très attirés par les nouveaux services : la quasi totalité (92 %) des adolescents disposant d'un téléphone mobile a déjà envoyé des SMS, 25% des SMS+ (c'est à dire surtaxés) et 23 % des MMS (un message contenant une image, une photo ou du son).

L'accès à Internet via un téléphone mobile n'a pas encore trouvé un large public. Pourtant, un démarrage s'amorce chez les plus jeunes (11% des adolescents utilisent ce service).

  • L'ordinateur personnel

     

Près d'un adulte sur deux dispose désormais d'un ordinateur à son domicile. L'équipement des logements poursuit sa progression sur un rythme élevé, 8% des foyers possédant déjà plusieurs ordinateurs. Les jeunes sont encore plus concernés : 69% des 12-17 ans disposent d'un ordinateur à la maison.

De plus, l'école contribue fortement à intégrer l'informatique dans l'environnement quotidien des plus jeunes : 78% des 12-17 ans utilisent un micro-ordinateur sur leur lieu d'études. Au total, 93% d'entre eux peuvent être considérés comme "familiarisés" avec l'ordinateur, c'est à dire qu'ils en disposent à domicile ou l'utilisent au collège ou au lycée.

L’ordinateur personnel sert également à travailler à domicile : 61% des personnes utilisant un micro-ordinateur chez elles ramènent du travail à la maison.

Enfin, 42% des actifs utilisent un ordinateur sur leur lieu de travail.

  • Internet

     

La progression du nombre de personnes connectées à Internet depuis leur domicile est comparable au développement de l'équipement en ordinateurs : 30% des personnes de plus de 18 ans, et 40% des 12-17 ans peuvent surfer sur la toile depuis chez eux en juin 2003. La demande du public pour le haut débit est manifeste : plus d'un tiers des connexions domestiques ont désormais recours à ce type de transmission.

L'accès à domicile via un micro-ordinateur reste le moyen préféré de connexion à Internet pour une importante majorité des personnes interrogées (68%). Les autres terminaux (boîtier branché sur la télévision, téléphone mobile, console de jeux) ou les autres lieux (lieu de travail, lieu public) ne recueillent que très peu de suffrages.

Les personnes les plus âgées ressentent moins le besoin de recourir aux technologies de l'information : à partir de 60 ans, moins de la moitié des personnes disposent d'un téléphone mobile, et moins d'un quart à partir de 70 ans; 14% des retraités seulement disposent d'un ordinateur à leur domicile, et, parmi eux, la moitié seulement l'utilise effectivement.

Mais les mentalités évoluent parfois plus vite que les usages : aucun adolescent ne considère plus aujourd'hui que "Internet n'est pas utile pour la vie quotidienne", et seulement un quart des personnes de plus de soixante ans.

NB : l’enquête a été réalisée en face à face durant le mois de juin 2003, sur un échantillon représentatif de la population française de 2.214 personnes, dont 210 jeunes de 12 à 17 ans.

NB : l'enquête est inscrite au programme du CGTI établi annuellement sous l'autorité de la Ministre déléguée à l'Industrie qui le préside.

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ANNEXES

 

1 – La téléphonie fixe et mobile

  • Substitution fixe / mobile ?
  • Il y a confirmation d’une tendance à la substitution entre le téléphone fixe et le téléphone mobile. Mais cette évolution est lente : 14 % de la population ne disposent plus d'abonnement au téléphone fixe en juin 2003, soit une diminution de quatre points sur trois ans (de 90 % à 86 %). Les personnes disposant d'un revenu modeste sont celles qui choisissent le plus d'abandonner le réseau filaire.

  • Progression de la concurrence sur la téléphonie fixe.
  • La concurrence progresse sensiblement sur la téléphonie fixe : 21 % des Français peuvent recourir à plusieurs opérateurs à leur domicile en juin 2003 contre 9 % en juin 2000. Les personnes les plus sensibles à la mise en concurrence des opérateurs se trouvent dans des catégories "moyennes" : les 25-39 ans, les professions intermédiaires, les personnes disposant d'un revenu moyen.

  • Vers un palier dans l'équipement en téléphones mobiles ?
  • Après avoir connu une croissance très élevée à la fin des années quatre-vingt-dix, l'équipement en téléphone mobile a ralenti sa progression. Peut-on parler de l’approche d’une saturation du marché comme l’indiquent les responsables du CREDOC qu’ils situent à 70 % ? Il y a eu, en tous cas, un palier dans la progression. Il nous apparaît beaucoup moins sûr qu’on puisse fixer la saturation du marché au seuil de 70 %.

     

     

    La pénétration de la téléphonie mobile parmi les "adultes" (personnes de 18 ans et plus) et parmi les 12-17 ans est sensiblement identique et s'élève à environ 62 %.

     

    Chez les adolescents, le taux d'équipement croît rapidement avec l'âge, passant de moins de 50 % chez les 12-13 ans à 90 % dès 18 ans. Après 30 ans, ce taux diminue sensiblement, mais reste supérieur à 70 %. A partir de 60 ans, moins de la moitié des personnes disposent d'un téléphone mobile, et moins d'un quart à partir de 70 ans.

     

     

     

    Les inégalités d'accès apparaissent peu importantes en terme de catégories sociales : les cadres sont presque aussi souvent équipés en téléphones mobiles que les employés et les ouvriers (80 % contre 70 %).

     

  • Les plus jeunes sont les meilleurs clients en puissance pour les nouveaux services mobiles.
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    Pour tous les nouveaux services, les jeunes adolescents apparaissent comme de meilleurs clients que leurs aînés. La quasi-totalité (92 %) des adolescents disposant d'un téléphone mobile ont déjà envoyé des SMS (contre 53 % des "adultes", soit : 18 ans et plus). En moyenne, les adolescents disent envoyer 19 SMS par semaine (les adultes 9). 25 % de ces adolescents ont déjà envoyé des SMS + (c'est-à-dire des SMS surtaxés), et 23 % des MMS (c'est-à-dire un message contenant une image, une photo, ou du son).

     

    86 % des 12-17 ans disposant d'un téléphone portable jouent à des jeux installés sur leur appareil. C'est aussi le cas pour 23 % des 18 ans et plus.

     

     

    Les autres services n'ont pas encore trouvé un large public : 5 % seulement des personnes équipées d'un mobile l'utilisent pour accéder à l'Internet (mais 11 % des 12-17 ans), 4 % pour consulter des courriers électroniques (8 % des 12-17 ans).

     

    Ainsi, l'usage du téléphone mobile est-il nettement plus intégré et plus varié chez les plus jeunes, qui pourraient constituer un moteur de développement des nouveaux services, voire contribuer au développement de l'UMTS.

     

     

    2 – La progression enregistrée dans la diffusion des ordinateurs personnels : s’agit-il d’une accélération durable ?

     

    Près d'un adulte sur deux (46 %) dispose désormais d'un ordinateur à son domicile, et l'équipement des particuliers enregistre une progression sensible : + 7 % (contre 2 à 3 % au cours de deux années précédentes).

     

    La proportion est encore plus élevée chez les 12-17 ans (69 %). En outre, 8 % de l'ensemble des personnes de 12 ans et plus disposent désormais de plusieurs ordinateurs dans leur foyer.

     

    Les intentions d'achats dans les 12 prochains mois concernent 10 % des personnes non équipées, mais elles sont encore plus élevées pour les personnes déjà équipées (18 %), attestant de l'importance du marché de renouvellement.

     

     

     

  • L’utilisation du micro-ordinateur et sa diversification.
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    L'usage effectif de ces appareils se généralise : 82% des personnes interrogées disposant d'un ordinateur à leur domicile l'utilisent, et l'usage est plus intensif encore chez les plus jeunes (90 % des 12-17 ans).

     

    En ce qui concerne les types d'usage, les adolescents privilégient les jeux (90 %), mais aussi une utilisation dans le cadre du travail scolaire (80 %). Les plus de 18 ans font un usage plus diversifié de l'ordinateur : recherche d'informations et écriture, courrier, puis jeux et travail.

     

    Les personnes les plus réticentes à l'utilisation de la micro-informatique sont les personnes sans activité professionnelle et les retraités, ainsi que les personnes sans diplôme : un peu plus de la moitié d'entre elles seulement, lorsqu'elles disposent d'un ordinateur à leur domicile, l'utilisent personnellement.

     

    De fait, l'usage d'un ordinateur dans un univers professionnel ou scolaire semble inciter fortement les personnes à un usage domestique. 68 % des élèves ou étudiants de 12 ans et plus disent utiliser un ordinateur dans le cadre de leurs études, à comparer à 42 % des personnes ayant un emploi dans le cadre de leur travail.

     

    L'école contribue fortement à la familiarisation des plus jeunes avec l'informatique : 78 % des 12-17 ans disent utiliser un micro-ordinateur sur leur lieu d'études.

     

    Au total, 93 % des 12-17 ans peuvent être considérés comme "familiarisés" avec la micro-informatique, c'est-à-dire qu'ils en disposent à leur domicile ou qu'ils l'utilisent sur leur lieu de travail ou d'études. C'est le cas de la moitié (54 %) des adultes seulement.

     

    3 – La diffusion de l’Internet

     

  • Peut-on dire que neuf adolescents sur dix sont désormais des internautes ?
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    La hausse du nombre des ordinateurs domestiques connectés à Internet se confirme : 30 % en juin 2003. Les adolescents sont les plus nombreux à disposer d'une connexion à leur domicile (40 %), et parmi ceux qui n'en disposent pas encore, nombreux sont ceux qui ont l'intention de se connecter dans les 12 prochains mois (21 % contre 13 % chez les 18 ans et plus).

     

    Le haut débit par ADSL représenterait 29 % des connexions, et le haut débit par le câble 14 %. Cette estimation semble néanmoins un peu forte concernant le câble, peut-être du fait d'une mauvaise compréhension des termes de la question par les enquêtés.

     

    Mais le logement n'est pas le seul lieu d'accès des adolescents à l'Internet : 72 % d'entre eux peuvent utiliser une connexion dans leur établissement scolaire, et 35 % d'entre eux se sont déjà connectés dans un autre lieu public. Au total, 87 % des 12-17 ans pourraient être considérés comme des internautes (sous réserve de mieux préciser le contenu de ce terme). La familiarité avec la "toile" diminue ensuite régulièrement avec l'âge : seulement la moitié des 40-59 ans ont accès ou se sont déjà connectés, et 14 % seulement des plus de 60 ans.

     

    Le micro-ordinateur apparaît très largement comme le moyen de connexion naturel à l’Internet : 67 % chez les plus de 18 ans et 76 % chez les 12-17 ans, ce qui marque une progression par rapport aux années précédentes. Les autres modes de connexion sont marginaux (boîtier branché sur la télévision, téléphone mobile, console de jeux, …).

     

  • Un fossé numérique singulier.

     

    Les inégalités d’accès à Internet sont manifestes. Le taux d’équipement des ménages les plus aisés (67 %), des cadres supérieurs (66 %) comme des diplômés du supérieur (60 %) est marquant par rapport aux foyers les plus modestes (14 %), aux ouvriers (21 %) et aux femmes au foyer (19 %).

    L’ampleur du " fossé numérique "

    - Proportion d’individus disposant d’un accès Internet à leur domicile -

    Source : CREDOC, enquête " Conditions de vie et Aspirations des Français ", juin 2003
    Déplacez le curseur pour consulter le contenu du tableau

     

  • L’Internet vers de nouveaux usages.
  • Les services multimédias proposés par le net rendent ce média de plus en plus attractif. Certains services séduisent autant les jeunes que les adultes : 40 % des internautes visionnent des mini-clips vidéo sur l'Internet, 30 % utilisent le réseau en mode peer-to-peer pour télécharger de la musique, des films ou des logiciels. En revanche, les services de messagerie instantanée et de jeux en réseau s'adressent à un public plus ciblé d'adolescents et de jeunes de 18-24 ans.

    Les achats sur Internet sont en progression : 7 % des personnes de 18 ans et plus avaient déjà utilisé ce mode d'achats en juin 2001 ; ils sont 13 % en juin 2003. Mais la part de réfractaires reste importante : 79 % des personnes ne pensent toujours pas effectuer des achats par Internet dans les douze mois. La question de la sécurité des paiements en est la première cause : 44 % des plus de 18 ans pensent que la sécurité n'est pas assurée et ce chiffre n'a pratiquement pas changé depuis 2001 (49 % à l'époque).

    Plus généralement, comme pour les micro-ordinateurs, il n’y a quasiment plus aucun adolescent pour considérer que "l'Internet n'est pas utile à la vie quotidienne", et seulement un quart des personnes de plus de soixante ans. En revanche, le coût apparaît toujours comme étant le principal frein tant à l’accès au micro-ordinateur qu’à l'Internet, qu'il s'agisse du coût des communications ou du coût du matériel nécessaire.

     

     

    Les documents associés

     Le dossier de presse (ppt - 621 Ko) 
     L'étude du CREDOC 
      La conférence de presse en images   
    L'étude du CREDOC peut être téléchargée sur  les sites du CGTI  et de l'Autorité de régulation des télécommunications