Revue de presse

Les titres de la presse du mardi 8 avril 2014

RACHAT DE SFR PAR ALTICE/NUMERICABLE

L'ARCEP apporte son expertise à l'Autorité de la concurrence

• L'Autorité de la concurrence sera bientôt saisie de ce projet de concentration. L'ARCEP se tient à sa disposition pour lui apporter son expertise. Si la procédure comporte une phase d'examen approfondi (dite phase II), l'ARCEP sera saisie par l'Autorité de la concurrence et rendra son avis sur le projet (Communiqué ARCEP)

Bouygues : quelle sera la prochaine étape ?

• Bouygues serait en négociations avec Free afin de lui de vendre Bouygues Telecom, et demanderait 8 milliards d'euros pour "la vente de toute la filiale télécoms du groupe de BTP, c'est-à-dire son réseau, ses fréquences mais aussi sa base de 11,2 millions de clients mobiles et 1,9 million de clients Internet fixe". Avec comme intermédiaire la banque Rothschild, le groupe dirigé par Martin Bouygues souhaiterait recevoir 8 milliards d'euros quand Free offrirait pour l'instant de son côté seulement 5 milliards d'euros. Bouygues aurait aussi pris langue avec Telefonica afin de mettre la pression sur Free et d'obtenir une meilleure offre (Le Parisien, AFP)

Free et Bouygues Telecom, un mariage inévitable (acte II) ? Si l'obstacle psychologique semble levé, la question de la valorisation demeure. Free n'est pas forcément pressé de conclure, même si les synergies seraient supérieures en cas de mariage rapide. Aussi « Bouygues ne doit pas être trop gourmand » fait valoir un analyste (latribune.fr)

• Après avoir laissé échapper SFR, Bouygues évalue ses options. L'accord de mutualisation mobile entre Bouygues et SFR est remis en question par l'échec du rachat. Le groupe pourrait se vendre à Free, qui serait prêt à débourser 5 milliards, ou encore se rapprocher d'Orange sans pour autant se marier (Les Echos)

• Bouygues, le perdant, réfléchit à des suites judiciaires. Les concurrents de SFR et de Numericable entendent, quant à eux, établir une " union sacrée " pour contrer le nouvel acteur à venir, trop puissant à leur goût. " Nous allons faire valoir auprès de l'autorité de la concurrence tous les remèdes qui nous semblent indispensables ", explique l'un d'eux (Le Monde)

• "De cet épisode de notre histoire, nous sortons différents. Le groupe Bouygues a montré à l'ensemble des acteurs sa vision de long terme du secteur des télécoms en France. Il a ouvert le champ des possibles. La décision de Vivendi n'altère ni notre détermination, ni notre volonté de rebondir. Nous sommes résolus à nous battre" : Olivier Roussat, le PDG de l'opérateur (latribune.fr)

Altice savoure sa victoire

• Numericable-SFR : le plan du futur géant. Le calendrier : "On commence déjà à envisager la mise en place du projet industriel mais avant cela il faudra d'abord exposer les faits aux élus du personnel. Cela se fera demain chez Numericable", explique Eric Denoyer, pdg. Il faudra ensuite obtenir l'autorisation de l'Autorité de la concurrence, ce qui ne devrait pas être compliqué, les deux entreprises étant complémentaires.  Finalement, "on table sur un bouclage de la vente à la fin du 4e trimestre", avance Eric Denoyer (zdnet.fr, Libération)

• Numericable prendra les rênes de SFR fin 2014. Mais si le feu vert de l'Autorité de la concurrence met plus de temps que prévu, "il y a un risque que cela soit clôturé seulement au début 2015" a indiqué le directeur financier de Vivendi, Hervé Philippe (Le Figaro, AFP, Reuters)

• Altice claims victory in bid war for Vivendi unit (Financial Times)

• Le patron de Numericable à Bercy ce matin (Le Parisien)

Numericable financera le rachat entièrement par de la dette. Numericable va faire un chèque de 13,5 milliards d'euros à Vivendi pour racheter SFR. L'essentiel de cette somme sera réunie en levant 11,64 milliards d'euros de dette : 2,6 milliards de refinancement de la dette existante de Numericable, plus 9 milliards de dette supplémentaire. Reste donc à apporter 4,7 milliards d'euros à Vivendi. La somme va être réunie en émettant des nouvelles actions Numericable. Cette augmentation de capital sera souscrite par Altice à la hauteur de sa participation dans Numericable, soit 74,6%. Mais, pour trouver cet argent, Altice ne va pas puiser dans sa trésorerie, mais lever lui aussi de la dette: 4,15 milliards d'euros (bfmtv.com)

SFR remboursera sa dette avec les profits du très haut débit. Patrick Drahi s'est employé à rassurer, alors que la dette de SFR va grimper à 11,6 milliards d'euros (en ajoutant celle de Numericable), plus 8 milliards d'euros au niveau de la maison mère. Avec un excédent brut d'exploitation (Ebe) supérieur à 4 milliards d'euros, le ratio d'endettement d'Altice, de 4,6 fois l'Ebe, "est dans la moyenne du câble et même inférieur à celui de Liberty Global". L'autre candidat au rachat de SFR semblait plus rassurant ? "Le gros conglomérat Bouygues n'est pas plus gros que nous ; le groupe Altice pèse 15 milliards d'euros dans les télécoms", a précisé Patrick Drahi (Les Echos)

• Altice to augment cable stake (New York Times)

• Après SFR, Altice, insatiable, a d'autres acquisitions dans le viseur, en Belgique, au Luxembourg, aux Caraïbes ou un rapprochement avec Vodafone Portugal. Patrick Drahi compte se désendetter rapidement. (La Tribune)

A la Bourse

• Les 19 milliards de dettes d'Altice après l'achat de SFR n'effraient pas la Bourse (Crible/Les Echos)

• La Bourse salue la reprise des fusions-acquisitions. L'action de Numericable s'est envolée hier, à l'ouverture (Le Monde)

• Merci qui ? Merci Vivendi (L'Informaticien)

Consommateurs

• Les consommateurs ont tout à gagner du rachat de SFR par Numericable.  Avec la victoire de Numericable, les tarifs des forfaits mobiles n'augmenteront pas. Par contre, les offres de l'Internet fixe (ADSL ou très haut débit) peuvent devenir très compétitives (01net.com)

Vivendi

• Une nouvelle ère s'ouvre pour Vivendi, futur champion des médias (Le Monde)

• Vivendi demande encore de la patience à ses actionnaires. Avec les ventes de SFR et de Maroc Telecom, le groupe retrouve une très grande flexibilité financière. Les choix stratégiques appartiendront à Vincent Bolloré (Les Echos)

• Le patron de SFR rencontrera les salariés inquiets pour l'emploi (AFP)

Analyses

• Les impressions désagréables laissées par le rachat de SFR. L'impression qu'on a assisté à des manœuvres très complexes, très élaborées, très opaques, pour servir un but très simple et « résumable » ainsi : s'en foutre plein les poches. Deuxième impression désagréable : celle que l'Etat, quand il s'agit d'opérations de cette ampleur, est complètement dépassé. La dernière impression désagréable, c'est celle d'être nié. Pas seulement en tant que consommateur. La question, c'est que nos usages numériques valent des milliards parce qu'ils ne se font pas dans la rue à l'air libre, mais à travers des tubes (France Culture / Rue 89)

• Fusions-acquisitions : le retour des grandes manœuvres. Après 6 ans d'immobilisme, les fusions-acquisitions reprennent en France et partout dans le monde (Le Monde)

REGULATION

Marché unique des télécoms

• "Nous manquons encore d'une vision commune". Une interview de  Catherine Trautmann, députée européenne (clubparlementairedunumerique.fr)

• Les députés adoptent une position confuse sur le paquet télécoms (Europolitique Sté de l'info)

• La neutralité du Net fait débat des deux côtés de l'Atlantique. Les mêmes questions se posent. Les deux parties s'informent mutuellement (Europolitique Sté de l'info)

• Les frontières juridiques des TIC vont être redessinées. La révision du cadre réglementaire des télécoms s'attaquera à la concurrence entre opérateurs traditionnels et géants du Net (Europolitique Sté de l'info)

Très haut débit

RIP : depuis quelques semaines, la direction générale de la politique régionale (DG Regio) de la commission européenne semble vouloir s'opposer au financement des infrastructures très haut débit via le fonds Feder. Cette disposition, si elle était retenue par la Commission, affaiblirait la dynamique du plan national très haut débit. Le manque à gagner pour les collectivités territoriales représenterait sur dix ans un peu plus de 500 millions d'euros que personne, pour l'instant, ne sait comment compenser (localtis.info)

• Le très haut débit en France, "mix" ou soupe technologique ? Les nouveaux maires vont devoir se plonger dans le grand chantier de la prochaine décennie : le déploiement de l'internet très haut débit dans leur commune. Appuyées par l'Etat, les régions et les départements, les mairies doivent contribuer aux priorités dans le déploiement des infrastructures. Et ce n'est pas simple. Les élus croulent sous les propositions pour améliorer les connexions internet de leurs habitants. Face à des acteurs publics et privés dont les intérêts ne concordent pas forcément, comment les collectivités concilient-elles besoins et contraintes économiques ? (zdnet.fr)

Allemagne/TA mobile

• La Commission européenne demande à nouveau à l'autorité réglementaire allemande des télécommunications de réduire les tarifs des TA mobiles. La Commission européenne a demandé au BNetzA de modifier ou de retirer un projet qui aurait pour effet de faire bénéficier Sipgate Wireless, nouvel opérateur sur le marché allemand, de tarifs de terminaison d'appel mobile supérieurs de plus de 80 % à ceux en vigueur dans la plupart des autres États membres (Communiqué de presse de la Commission européenne)

EPIC & distorsions de concurrence

• Le statut des grandes entreprises publiques françaises menacé par le droit de la concurrence. Le 3 avril, les juges de la Cour de justice européenne ont rendu un arrêt qui fera date, tant il aboutit à l'exact inverse de ce que la France escomptait. En avril 2010, la France attaque la Commission européenne contre une décision visant La Poste du temps où elle était encore constituée en établissement public à caractère industriel et commercial (Epic). Le gouvernement pense alors pouvoir sécuriser toutes les autres structures répondant à ce même statut d'Epic. Mais la Cour a donné raison à la Commission, dont la victoire est sans bavures : la garantie publique illimitée dont bénéficieraient ces entreprises publiques françaises (SNCF, RATP ….) serait source de distorsion de concurrence. Le recours français a donc été rejeté dans son intégralité (contexte.com)

TELEPHONIE MOBILE

5G

• La 5G déjà dans les tuyaux ! À peine la 4G est-elle déployée en France que déjà les équipementiers et les  opérateurs planchent sur la définition de la 5G. Objectif : atteindre les 10 Gbit/s en 2020. En Europe, cela correspond également à une volonté – sinon une agressivité – politico-économique que l'on ne connaissait pas jusqu'alors de la part de l'UE. Dossier (L'Informaticien)

• Trois programmes clés en Europe : le 5GPPP, le METIS, le SEMAFOUR (L'Informaticien)

Smartphones

• The rise of the cheap smartphone. As smartphones reach the masses, a host of vendors are eager to serve them (The Economist)

TELECOMS - FRANCE

Remaniement

• Secrétariat d'Etat au numérique : les 4 noms qui circulent à Bercy : Axelle Lemaire, Corinne Erhel, Benoît Thieulin et Razzy Hammadi (frenchweb.fr)

TELECOMS - INTERNATIONAL

Opérateurs

• Orange : son dilemme en Espagne : racheter Jazztel ou vendre sa filiale ? (La Lettre de l'Expansion)

Equipementiers

• HTC a annoncé une perte nette au 1er trimestre de 1,88 milliard de dollars taïwanais (45,3 millions d'euros), supérieure aux attentes, mais espère rebondir à la faveur du lancement de nouveaux produits (AFP, Wall Str. jal)

INTERNET

Neutralité du Net/Etats-Unis

• AT&T est le dernier FAI à avoir signé aux Etats-Unis avec HBO, juste avant la saison 4 de "game of thrones", pour offrir un nouveau service facturé 39$/mois qui permet, notamment, d'avoir un débit garanti de 18 Mbit/s (multichannel.com)

Outre-mer

• Orange lance le wifi communautaire aux Antilles-Guyane, avec plus de 50 000 hotspots disponibles en exclusivité pour ses clients internet (domtom-adsl.com)

Cybersécurité

• Safran est en train de négocier avec un grand de l'informatique ou de l'électronique un partenariat pour l'aider à sécuriser les transactions sur internet grâce à ses technologies biométriques (Les Echos, AFP)

Données personnelles

• Le CSA lorgne du côté du big data (contexte.com)

CONTENUS

Loi création

• Manuels Walls était contre l'Hadopi : et la loi Création ? (Edition Multimédia)

Modèles économiques

• Entre la télé traditionnelle, en panne d'idées et d'argent, et un monde de la vidéo sur internet sans modèle économique clair, les producteurs présents au Marché international des programmes de télévision (MIPTV) 2014, cherchent la solution. Trois questions à Takis Candilis, patron de Lagardère Entertainment, et Fabrice Larue, de Newen, deux des principales sociétés de production françaises (AFP)