Revue de presse

Les titres de la presse du lundi 4 août 2014

REGULATION

Un décret instaure une nouvelle procédure de sanction pour l’ARCEP

• L’Autorité se voit dotée d'une nouvelle procédure de sanction, séparant davantage les fonctions d'instruction des affaires de celles du prononcé des éventuelles recommandations ou amendes, selon un décret paru dimanche au Journal Officiel (Correspondance de la presse, le parisien, Les Echos, AFP)

Projet de loi sur le numérique

• Le numérique parmi les priorités du gouvernement pour la rentrée. Alors que l’élaboration du grand projet de loi sur le numérique peine à prendre son envol, le Premier ministre confirme que le gouvernement a l’intention de lancer une "grande mobilisation collective" à propos du numérique - en référence à la consultation prochaine du Conseil national du numérique sur ce sujet. Une réunion devrait avoir lieu à l'Elysée le 20 août (nextinpact.com)

Royaume-Uni/fréquences

• Ofcom lowers proposed spectrum fee hike. U.K. telco watchdog suggests annual fee of £246.8 million; final decision due by year end (totaltele.com, Financial Times)

Etats-Unis/services gérés

• FCC "deeply troubled" by Verizon Wireless' plan to impose speed restrictions on the heaviest users of its unlimited 4G data plans (totaltele.com)

 

L'EVENEMENT :ILIAD CONFIRME SON INTERET POUR T-MOBILE US

Free tente l'aventure américaine

• "Le paysage concurrentiel américain est beaucoup moins agressif que ce à quoi nous sommes habitués en France. Il y a un énorme potentiel. C'est presque trop beau pour être vrai". Le patron d'Iliad révèle s'être tourné vers un rachat de T-Mobile US quand les discussions avec Bouygues Telecom ont achoppé. "Nous avons le même ADN, avec T-Mobile", explique Xavier Niel, ajoutant qu'il "peut faire plus" que ce que le patron actuel de T-Mobile a déjà commencé à mettre en place. Il estime pouvoir réaliser 2 milliards d'économies par an en réduisant les coûts, sans pour autant procéder à des licenciements massifs ou fermer des boutiques (lexpansion.lexpress.fr, Wall Str. jal)

• Iliad met 15 milliards de dollars sur la table pour acquérir son homologue outre-Atlantique. Si l'opérateur français s'intéresse au marché américain, c'est que celui-ci est bien plus robuste et lucatif que le marché français. Là où les Français paient leur forfait moins de 20 euros, les Américains déboursent  en moyenne 60 euros (Le Monde, Financial Times, bfmtv.com)

• Pourquoi le patron de Free se lance dans l'aventure américaine. Jean-Michel Huet, associé au cabinet BearingPoint, apporte son éclairage et explique les différences entre les marchés américain et européen des télécoms. "Les lois et réglementations concernant les télécoms varient beaucoup d'un Etat à l'autre, ce qui ne rend pas la tâche facile pour les opérateurs, d'autant plus que les bandes de fréquences attribuées changent aussi d'un Etat à un autre… Il y a aussi 15 à 20 licences régionales… Autre différence notable: le système de paiement. Aux Etats-Unis, vous payez aussi quand vous êtes appelé" (challenges.fr)

• La France trop petite pour Xavier Niel. En tentant de racheter l’opérateur américain T-Mobile, le fondateur de Free voit une occasion de sortir d’un marché français verrouillé. Mais il n'est pas le seul en lice et bataille contre Sprint détenu par le géant japonais Softbank (JDD)

• Le ministre de l'Économie s'est "félicité" de l'offensive de Xavier Niel, sur T-Mobile aux États-Unis, qu'il "encourage vivement" (lepoint.fr, usine-digitale.fr)

• Iliad maverick takes wireless disruptive drive to U.S. (Bloomberg)

Du côté de T-Mobile US

• Pris de court, les actionnaires de T-Mobile n'ont pour l'instant rien décidé. Mais s'intéressent de près à l'offre inattendue d'Iliad. Qui a reçu des marques d'intérêt d'investisseurs et de professionnels pour soutenir son offre. Iliad, T-Mobile et Sprint vont aussi devoir convaincre les fonds d'investissement. Or, certains d'entre eux ont des participations dans Iliad et dans T-Mobile. C'est le cas de Capital Research, premier actionnaire américain d'Iliad avec 1,13% et également actionnaire de T-Mobile. Et le fonds de pension Fidelity, plus gros actionnaire indépendant de T-Mobile avec 2,17 %, a longtemps été un actionnaire important d'Iliad (Le Figaro)

• Free suspendu à la réponse de l'américain T-Mobile à son offre surprise. Un board de l'opérateur devait se réunir vendredi après-midi pour examiner l'offre surprise formulée la veille par l'opérateur français, qui a conduit à une hausse de 6,5 % de son action à Wall Street (Le Figaro 2 août)

• T-Mobile US Q2 revenue, profit surges. Self-styled 'Un-carrier' nets 1.5 million customers (totaltele.com)

La réaction des marchés

• Les analystes sont partagés quant aux chances de réussite de l’offre de Free sur T-Mobile. D’abord sur la valeur de l’offre : 15 milliards de dollars, plus que la capitalisation boursière d’Iliad. Mais ce qui interpelle encore plus les spécialistes, ce sont les 10 milliards de dollars de synergies que promet Iliad sans en détailler la nature. Enfin, une prise de contrôle par Iliad ne donnerait pas à T-Mobile ce qui lui fait défaut : les fréquences dont il a besoin pour concurrencer, à l’échelle nationale, Verizon et ATT. L’avantage majeur d’Iliad, c’est que son offre ne pose aucun problème de concurrence aux Etats-Unis. Un argument de poids pour Deutsche Telekom, qui aimerait sortir au plus vite du marché américain (Les Echos)

• Changement de rôle. Quel que soit le résultat de l’offre sur T-Mobile, Free a démontré qu’il pouvait voir plus grand et plus loin. Avant-hier encore totalement inconnu en dehors de l’Hexagone, Free était qualifié hier de "maverick" par la presse américaine. Le groupe Iliad a démontré qu’il pouvait facilement lever 9 milliards d’euros de dette auprès des grandes banques internationales sur un projet ambitieux. Même si l’opération ne va pas jusqu’au bout, Xavier Niel a ainsi pu mesurer son crédit auprès des investisseurs et compter ses troupes (Le Figaro)

• Iliad à tout à y gagner à racheter T-Mobile US selon Roland Montagne de l’Idate. "La stratégie US offre une attractivité de marché couplée avec un volume que ne possède pas l’Europe quand on regarde en terme de croissance et d’Arpu" (silicon.fr, Communiqué Idate)

• Le rêve américain d'Iliad a surpris la Bourse qui n'y est cependant pas tout à fait hostile (crible/Les Echos)

La consolidation du marché français en question

• La Bourse de Paris pas vraiment convaincue par le pari américain de Free. Les experts redoutent qu'en se lançant dans l'aventure américaine, Iliad n'ait plus les moyens d'investir (alors qu'il doit déployer son réseau 3G) et surtout d'être un acheteur potentiel de Bouygues Telecom. La concentration tant attendue du secteur des télécoms français serait ainsi renvoyée aux calendes grecques. Ce qui explique aussi la forte baisse vendredi à la Bourse de Paris du secteur, Bouygues en tête. Xavier Niel affirme toutefois qu’Iliad pourrait "acheter des petits morceaux de Bouygues Telecom", si Orange fusionnait avec ce dernier, mais "cela ne nous dérange pas de rester dans un marché à 4 opérateurs" (AFP)

•             Bouygues Telecom, victime collatérale des ambitions de Free aux Etats-Unis. Le titre a chuté en Bourse. Les investisseurs estiment que l'appétit de Xavier Niel pour les Etats-Unis change la donne pour la consolidation du marché français (bfmtv.com)

• Les cinq grandes questions que pose l’opération

-              Pourquoi Free se lance-t-il dans une telle acquisition ?

-              Quelles sont les chances de réussite de Xavier Niel ?

-              Comment financer une telle opération ?

-              Pourquoi Free s’intéresse-t-il à T-Mobile ?

-              Quelles conséquences pour la consolidation en France ? (Les Echos)

Du côté du marché américain

• Face à Sprint, Free peut-il vraiment l’emporter ? La FCC a fait part de sa volonté d'interdire à Sprint et T-Mobile de s'allier au cours de prochaines enchères pour l'obtention de fréquences. Ces incertitudes réglementaires pourraient ainsi pousser Deutsche Telekom, qui détient 67% du capital de l'opérateur, d'opter pour la solution la moins incertaine (siliconvalley.blog.lemonde.fr)

• Wall Street découvre Xavier Niel. La presse américaine salue le culot du patron français mais souligne les risques de l'opération (Le Monde)

• Le marché américain des télécoms en plein ébullition. Le patron de SoftBank va contrer l’offensive inattendue d’Iliad sur T-Mobile qu’il convoite depuis des mois. Le groupe japonais a dépensé 22 milliards de dollars l’an dernier pour racheter Sprint, numéro 3 américain de la téléphonie mobile, avec l’intention de réveiller la concurrence sur un marché dominé par Verizon et AT&T, assis sur des marges anormalement élevées et qui comptent chacun plus de 100 millions de clients. Quant au patron T-Mobile US, il sait fort bien que le régulateur américain préférerait conserver quatre grands opérateurs distincts (Le Figaro 2 août)

• Le redressement spectaculaire du Petit Poucet mobile aux Etats-Unis. Comme Free en France, T-Mobile US a dynamité le secteur de la téléphonie mobile aux Etats-Unis. Le quatrième opérateur mobile ne rivalise pas encore avec AT&T et Verizon, qui contrôlent à eux seuls 70 % du marché, avec plus de 100 millions de clients chacun. Mais il ne cesse, depuis deux ans, de gagner des clients, dont le nombre vient de dépasser la barre des 50 millions (Le Monde)

Portraits

• John Legere, le trouble-fête qui bouscule le marché américain. Dès son arrivée à T-Mobile, John Legere a entamé une stratégie de rentre-dedans impressionnante. Il dénigre la politique commerciale de ses concurrents et propose à ses clients des forfaits extrêmement souples. Il va même jusqu’à offrir le remboursement des pénalités de résiliation à ceux qui quittent leur opérateur mobile pour rejoindre T-Mobile. Les résultats du deuxième trimestre attestent du succès de ce marketing agressif. L’activisme remarqué de John Legere lui avait permis de se positionner comme le patron pressenti de la future société issue de la fusion en préparation avec Sprint (Les Echos)

• Aux Etats-Unis, le profil de self-made man de Xavier Niel séduit. Les médias pointent les similitudes avec John Legere. Il était déjà connu dans la Silicon Valley pour ses investissements (Les Echos)

 

TELECOM - FRANCE

Equipementiers

• Alcatel-Lucent : premier nuage sur la lune de miel. Les investisseurs n'ont d'yeux que pour la biasse des activités "cœur de réseau" au deuxième trimestre(Investir)

 

TELECOMS - INTERNATIONAL

Propriété industrielle

• Microsoft a lancé une procédure judiciaire contre Samsung, qu'il accuse de rupture de contrat (Les Echos, Bloomberg, AFP)

Dans l'espace

• La Nasa veut privatiser les télécommunications autour de Mars. L'exploration robotique de Mars va de pair avec un système de communication suffisamment dimensionné. Plutôt que d’investir temps et argent dans le développement, la construction et le lancement d’un système de communication à un ou plusieurs satellites pour la prochaine décennie, la Nasa pourrait faire appel au privé et se contenter de devenir un simple consommateur des liaisons entre la Terre et Mars (futura-sciences.com)

 

INTERNET

HADOPI

• La Hadopi réclame une subvention de 8,5 millions d’euros pour 2015 (nextinpact.com)

Droit à l'oubli

• Interrogé par les CNIL européennes, Google a donné plusieurs éclaircissements dans sa mise en œuvre du droit à l’oubli, droit reconnu à tous les Européens suite à une décision de la Cour de Justice de Luxembourg. (nextinpact.com, zdnet.fr)

• Google continue de voir affluer les demandes de retrait de liens au nom du "droit à l'oubli", mais dit avoir des difficultés à les évaluer faute de lignes directrices claires (AFP)

 

CONTENUS

SVoD/Netflix

• Orange défend l'idée d'un Netflix à la française. Confirmant son intention de ne pas intégrer Netflix dans sa Livebox, Orange a également plaidé en faveur d'un Netflix à la française pour s'opposer aux ambitions de la plateforme américaine. Orange, qui dit ne pas vouloir être le cheval de Troie du service dans l'Hexagone, prévoit toutefois de le distribuer ailleurs (numerama.com)