Prise de parole - Speech

L'arrivée de Free sur le marché français n'a-t-elle pas marqué le basculement vers trop de concurrence ? Les opérateurs ont-ils encore la capacité d'investir ? Jean-Ludovic Silicani, président de l'ARCEP, était l'invité du 11ème Forum des télécoms et du net des Echos, le 13 juin 2012. Il répondait aux questions de David Barroux, chef du service économie du quotidien.

« L’arrivée de Free sur le marché français n’a-t-elle pas marqué le basculement vers trop de concurrence ? ». David Barroux, chef du service économie aux Echos, n’y est pas allé par quatre chemins en posant cette première question à Jean-Ludovic Silicani, qu’il recevait mercredi au 11ème Forum des télécoms et du net des Echos. « Dans les télécoms, 15 ans après l’ouverture du marché, la production a doublé en volume, et les prix ont baissé de 15 %, et l'emploi total dans l'économie numérique (ex TIC) est passé de 300 000 à près d'un million », a répondu le président de l’ARCEP. « Aucun autre secteur économique n’a eu de tels résultats.». Pour autant, la concurrence n’est pas le seul objectif du régulateur, a-t-il continué : « La couverture du territoire, par exemple, est un impératif qui nous a été fixé par la loi et, dans la 4G, nous nous sommes battus pour que ce critère soit prioritaire pour l’attribution des licences ».

« Les opérateurs ont-ils encore la capacité d’investir ? » a encore questionné David Barroux. Jean-Ludovic Silicani a indiqué que, pour déployer les réseaux très haut débit fixes et mobiles, et pour les autres investissements, le consensus entre les opérateurs, leur fédération et le régulateur, correspondait à un « besoin d’investissements » d’environ 6 milliards d’€ par an sur les 15 prochaines années. Or, en 2011, a-t-il rappelé, ils ont investi 7,9 milliards (licences comprises), et il n’y aura pratiquement pas d’achat de fréquences nouvelles d’ici la fin de la décennie : « Il ne s’agit donc pas du mur d’investissement dont on entend souvent parler ! ».

Le président de l’ARCEP a par ailleurs souligné que les opérateurs étaient entrés « dans une nouvelle ère » avec les réseaux très haut débit (fibre et 4G) : « à charge pour eux d’innover et de rebondir sur les nouveaux services que vont permettre ces nouveaux réseaux ». Il a enfin rappelé que l’ARCEP, que ce soit pour les réseaux de fibre optique ou pour les réseaux 4G à très haut débit mobile, avait retenu un cadre de régulation très favorable à la mutualisation des réseaux, et que, d'une façon générale, la régulation évoluerait parallèlement à ces nouveaux réseaux et aux nouveaux services qu'ils apportent.


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