Mai

Les titres de la revue de presse du vendredi 17 mai 2019

REGULATION

5G vs Huawei

En France : pour Emmanuel Macron, "la France et l'Europe sont pragmatiques et réalistes. Nous voulons développer l'emploi, les affaires, l'innovation. Nous croyons à la coopération et au multilatéralisme. En même temps, pour la 5G, nous faisons très attention à l'accès aux technologies coeur de réseau pour préserver notre sécurité nationale". La guerre que mènent les Etats-Unis contre les entreprises technologiques chinoises, notamment Huawei, n'est pas celle de la France ni de l'Europe (bfmtv.com)

• Si Paris ne veut pas bloquer Huawei, la proposition de loi "visant à préserver les intérêts de la défense et de la sécurité nationale de la France dans le cadre de l'exploitation des réseaux radioélectriques mobiles" va soumettre à autorisation du Premier ministre, les équipements télécoms de nouvelle génération, notamment en cœur de réseau. Il pourra ainsi opposer son véto "dans le but de préserver les intérêts de la défense et de la sécurité nationale" en cas de menace (nextinpact.com)

Point de vue : "Un calendrier et des procédures d’un autre temps" : Patrick Imbert, élu de l’Essonne en charge du numérique, critique dans une tribune les conditions du futur déploiement de la 5G par le gouvernement, qui risquent d’accroître la fracture territoriale et le retard hexagonal (Le Monde)

Börje Ekholm /PDG d'Ericsson : "La sécurité des réseaux télécoms repose sur un ensemble complexe / L’Europe soutient le développement de la fibre, elle devrait subventionner la 5G comme elle le fait avec la fibre / En France, l’agenda a été annoncé pour la fin de l’année. Ce n’est pas le premier pays à se lancer, mais après, cela va dépendre du prix et de la structure des enchères. Il faudra voir si c’est pour maximiser les prix des fréquences pour l’Etat ou pour favoriser le déploiement. Le réseau peut être déployé très vite". Pour le PDG D’Ericsson, l’Europe ne prendra pas plus de retard dans la 5G en barrant la route à Huawei. Il estime que c’est surtout la disponibilité des fréquences et leur prix qu’il faut remettre en question. Interview (Le Figaro) 

L’Allemagne, actuellement engagée dans un processus d’enchères, n’exclura pas Huawei des appels d’offres pour les contrats 5G (telecom-handel.de)

Aux Pays-Bas Huawei pourrait être impliquée dans l’espionnage chinois. La société aurait une porte ouverte sur les données clients de l’un des trois principaux fournisseurs de télécommunications aux Pays-Bas: Vodafone-Ziggo, T-Mobile-Tele2 ou KPN / Les services de renseignement du royaume jugeraient « non souhaitable » l’ouverture du marché national de la 5G au groupe chinois. KPN signé un accord avec Huawei pour moderniser son réseau 4G existant, tout en faisant appel à un fournisseur occidental pour la 5G (volkskrant.nl, lemonde.fr, AFP)

Aux Etats-Unis, Donald Trump déclare la guerre technologique à la Chine. En interdisant à Huawei l'accès au marché américain des télécoms, le président américain exacerbe le conflit commercial qui l'oppose à Pékin. Une stratégie de tension que la France et l'Europe refusent de suivre (Libération, totaltele.com, AFP, Le Monde, Le Figaro)

L’Europe reste divisée face à Huawei. La Commission européenne laisse aux pays de l’Union la discrétion d’écarter ou non Huawei de la course et ne se prononce pas pour une interdiction. L’Allemagne n’exclura pas Huawei des appels d’offres pour les contrats 5G. L’Italie est plus proche des positions américaines, les Pays-Bas, la République tchèque comme d’autres États-membres d’Europe centrale se méfient et hésitent (Le Figaro)

Huawei fait fi des attaques américaines. Lors de son intervention àVivaTech, le PDG du groupe, a évité le sujet polémique du décret signé par Donald Trump la veille, qui empêche les opérateurs télécoms américains d'acheter les antennes et autres produits de Huawei. Pour Huawei, menacé depuis des mois par l’administration américaine, la décision ne change pas grand-chose sur le plan opérationnel (Les Echos, AFP)

Analyse : guerre commerciale Chine-USA: quelles conséquences si l’escalade se poursuit ? Une surenchère qui risque d’affecter durement les consommateurs américains, mais pas seulement. Que souhaite Donald Trump ? Ce conflit a-t-il des conséquences sur la Chine ? Quel impact pour les États-Unis ? Quel impact sur l’économie mondiale ? Quelle suite dans ce conflit? (Le Figaro)

• Analyse : En appuyant sur le bouton de la démondialisation technologique, Donald Trump joue avec le feu. L’administration américaine veut limiter les ventes de composants américains aux sociétés chinoises Huawei et ZTE. Ce faisant, elle casse la chaîne logistique de l’un des domaines industriels les plus mondialisés de la planète et prend trois risques : affaiblir l’un de ses domaines d’excellence, pousser la Chine à accélérer encore dans les composants électroniques, ralentir le déploiement de la téléphonie de la 5G aux Etats-Unis (Le Monde)

En France

Aménagement numérique : Agence nationale de la cohésion des territoires : la vision du gouvernement l’emporte. La PPL portant création de l’agence nationale de la cohésion des territoires (ANCT) est revenue devant l’Assemblée nationale hier, pour son ultime lecture, après l’échec de la commission mixte paritaire. L’ANCT sera constituée de la fusion du Commissariat à l’égalité des territoires, de l’Epareca et de l’Agence du Numérique. Les sénateurs souhaitaient que les élus locaux disposent d’une large place dans la gouvernance de l’ANCT. Le gouvernement et les députés en ont décidé autrement : l’Etat conservera la majorité au conseil d’administration de la nouvelle agence (Maire info)

Distribution de la presse : la Cour d’appel de Paris rejette toutes les demandes d’annulation des mesures exceptionnelles prises par le CSMP en 2018 pour résorber la crise de Presstalis. En février 2018, pour faire face à la très grave crise que traverse Presstalis, le conseil Supérieur des messageries de Presse (CSMP) a décidé de prendre différentes mesures s’appliquant à toute la filière, parmi lesquelles une contribution exceptionnelle destinée au financement des mesures de redressement du système collectif de distribution de la presse. Des recours avaient été intentés contre ces mesures. La Cour d’appel de Paris vient de les rejeter. Analyse. (La Correspondance de la Presse)

NUMÉRIQUE

Vivatech

Pour Emmanuel Macron, l'Europe peut devenir « le leader mondial de la tech de demain». Le chef de l'Etat veut renforcer les règles sur les concentrations pour éviter l'absorption de pépites européennes par les géants américains ou chinois, et défend l’Europe, son modèle social et démocratique, comme rempart à l’hégémonie américaine et chinoise dans le domaine de la Tech /  Lors de l’ouverture du salon, le chef de l’Etat a poussé les entrepreneurs français à conquérir les marchés étrangers  (Les Echos, Le Figaro, Le Parisien, Reuters, AFP, Correspondance de la presse)

Jack Ma/fondateur d'Alibaba: « La Bourse n'est qu'un moyen, il faut avoir une vision à dix ans ». Dans un entretien, l'homme le plus riche de Chine évoque la rivalité avec Amazon, ses ambitions personnelles et ses objectifs en France (Les Echos)

• "Ne perdez pas de temps avec les investisseurs ! Pensez au futur": la leçon de business de Jack Ma, qui passerait la main pour ses 55 ans, le 15 septembre prochain, à Daniel Zhang,  à VivaTech (Les Echos, AFP)

Atos se projette dans l'intelligence artificielle embarquée. Le groupe informatique français a présenté un serveur taillé pour l'IoT et l'analyse de données. L'entreprise anticipe que ses clients auront bientôt besoin d'une informatique de proximité (Les Echos)

A lire

• "The Next Billion Users. Digital Life Beyond the West" : pour l’anthropologue Payal Arora, le numérique ne résoudra pas la pauvreté. La vie digitale met, pour les pauvres comme pour les riches, le plaisir et la distraction en valeur, et non pas l’enseignement et l’investissement (Les Echos)

Portrait

• Ray Kurzweil, icone de l'Amérique transhumaniste (Les Echos week-end)

TÉLÉCOMS-FRANCE

Opérateurs

Consolidation : entre opérateurs télécoms, c’est la trêve … pour l’instant. Guerre des prix et consolidation ne sont plus à l’ordre du jour. Les opérateurs ont-ils enfin montré que la vie à quatre était possible en France ? Rien n’est moins sûr, tant la situation reste fragile. D’abord, même si la guerre des prix est moins intense qu’en 2018, les prix restent bas, et la moindre étincelle peut rallumer la guerre commerciale (Le Monde)

Résultats financiers: Bouygues télécom : bénéfice en baisse mais l’activité progresse au premier trimestre (Satellifax, AFP)

Procès de France Telecom : la suppression de 22 000 emplois au cœur des débats AFP)

INTERNET

Régulation

• Les régulateurs européens sanctionnent de plus en plus les abus des géants du Net. Lesquels poursuivent leurs achats faramineux, notamment dans le logiciel libre. Retour sur une année 2018 vertigineuse (Les Echos we)

Moteur de recherche

• Qwant renforce sa collaboration avec Microsoft pour absorber sa croissance. Le géant américain de l'informatique va améliorer l'indexation des pages web pour le moteur de recherche. Grand défenseur de la souveraineté européenne, celui-ci assure qu'il continuera à garantir la vie privée des internautes (Les Echos)

Idées & débats

• "On assiste à une balkanisation de l'internet" : le cofondateur de Wikipédia, Jimmy Wales, a vu naître, puis s'effriter son rêve d'un internet libre et universel, sous les assauts des gouvernements, tant autoritaires que démocratiques. Il ne l'enterre pas encore mais trouve bien peu de justifications à son "optimisme pathologique". A l'échelle de l'Union européenne, il rejette les deux dernières régulations emblématiques sur internet: la directive européenne sur le droit d'auteur et le RGPD (AFP)

Résultats

• Baidu annonce ses premières pertes trimestrielles depuis 2005 dues aux énormes dépenses consenties en termes d'achat de contenus (+47%) notamment de vidéos pour sa plateforme en streaming, ou encore de bande passante (+39%), deux postes pour lesquels les coûts ont explosé (AFP)

CONTENUS

Audiovisuel

• Loi audiovisuelle : le flou inquiète le secteur. Le délai évoqué du vote de la loi « courant 2020 » parait difficilement tenable, la crise des gilets jaunes ayant entrainé un embouteillage de textes de loi au Parlement. Beaucoup s’alarment des conséquences que pourrait avoir un éventuel retard de la réforme (Le Figaro)