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Etude relative à l'activité de routage en France, réalisée par le cabinet BASIC pour le compte de l'ARCEP (juin 2007 - publication avril 2008)

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L’Autorité de régulation des communications électroniques et des postes a souhaité identifier les contours et juger de la santé économique de l’activité de routage en France ainsi que les conséquences, sur les entreprises exerçant cette activité, d’une éventuelle libéralisation totale du marché postal. L’Autorité a commandé au cabinet Basic une analyse économique et stratégique permettant d’étudier l’ensemble des facteurs associés à la structure d’un secteur économique : chaîne de valeur, analyse des différentes activités, situation financière, actionnariat, flux financiers spécifiques à la profession.

Le routage du courrier de gestion a généré un chiffre d’affaires estimé à 239 M€ en 2005, dont 45 M€ pour les prestations enrichies (numérisation, archivage…). Le chiffre d’affaires du routage du courrier de marketing direct s’élèverait à 750 M€ en 2005, dont 270 M€ pour les prestations enrichies (en particulier, des prestations très en amont de l’activité de préparation et de tri). Au total, le marché du routage du courrier industriel représenterait près de 990 M€, auxquels il convient d’ajouter le marché du routage de presse. L’activité de routage ainsi reconstituée aurait ainsi généré un chiffre d’affaires de l’ordre de 1 090 M€.

L’activité de routage de courrier industriel subit l’effet de la tendance à la dématérialisation des flux, qui traduit la volonté des émetteurs, lorsque cela est possible, de substituer aux flux de courrier papier des messages électroniques. Pour l’instant, cette tendance s’inscrit dans un mouvement général de croissance de la communication et n’a donc pas abouti à une diminution sensible des flux de courrier routés. Ce n’est qu’à moyen terme qu’un effet de substitution pourrait apparaître.

  • La réalité de la dématérialisation dans le courrier de gestion semble acquise et n’est pas discutée par les acteurs du marché. Son rythme et son ampleur demeurent toutefois sujets à de nombreuses interrogations. La réduction du volume de courrier émis représente, pour un certain nombre de grands émetteurs, un enjeu économique certain. Compte tenu du poids des grands émetteurs dans le volume des plis postés (on observe actuellement une concentration du nombre d’émetteurs de courrier de gestion), l’impact pourrait être relativement rapide avec la mise en œuvre de politiques d’incitation à la migration vers le support électronique.
  • L’activité de courrier de marketing direct n’a pas subi encore la concurrence frontale des solutions alternatives existantes sous forme électronique. La part des mailings adressés dans le marketing direct se situe en 2006 à des niveaux rencontrés au cours des dix dernières années, ce qui laisserait penser que l’activité est cyclique, avec une certaine stabilité sur le moyen terme. Il existe toutefois des raisons d’estimer que les volumes devraient décroître à moyen terme, compte tenu de la maturité de ce marché et de la concurrence des médias électroniques qui sera de plus en plus effective.
  • Dans le domaine de la presse, l’activité de routage devrait se réduire sous l’effet de la conjonction de deux tendances fortes constatées sur ce marché : une diminution des abonnements correspondant à une baisse générale des ventes de la presse, une croissance attendue de l’activité de portage.

D’autres mouvements structurants sont observés dans l’activité de routage :

(1) une convergence des métiers entre routage de courrier de marketing direct et routage de courrier de gestion, qui s’exprime dans les exigences communes aux clients émetteurs sur ces deux activités ;

(2) un mouvement de concentration constaté par l’ensemble des acteurs du routage mais qui ne concernerait toutefois que les grands et moyens acteurs ;

(3) une évolution du métier, dans laquelle les prestations de mise sous pli et de tri tendent à diminuer, en valeur relative, au bénéfice de prestations à plus forte valeur ;

(4) un impact des évolutions technologiques sur l’activité de routage, nécessitant des investissements importants.

La référence aux trois métiers traditionnels du routage (routage du courrier de marketing direct, routage du courrier de gestion, routage de presse) a longtemps constitué une approche de la réalité jugée pertinente par les professionnels du secteur postal. Pour autant, une telle segmentation ne constitue qu’une grille d’analyse imparfaite et tend à devenir obsolète, en raison de l’évolution des technologies, des chaînes de valeur et des stratégies des acteurs. Il est donc apparu pertinent de proposer une autre segmentation, devant répondre à deux objectifs complémentaires :

(1) présenter une typologie des acteurs en termes de profils stratégiques, suggestive et renvoyant à des réalités économiques perceptibles ;

(2) définir des domaines d’activités stratégiques pertinents. C’est à partir de ces considérations qu’une segmentation en six profils stratégiques a été proposée pour rendre compte de l’activité de routage.

A terme, l’activité de routage ne pourra plus être dissociée de l’ensemble d’une chaîne de valeur relative à l’envoi de courrier industriel, quelle que soit sa nature. Le suivi de l’activité de routage, en tant qu’objet de réglementation, devrait être déconnecté d’un suivi de l’activité économique des entreprises délivrant une prestation de routage. La diffusion de la prestation de routage dans des entreprises de nature différente et l’association du routage avec des prestations diverses nécessitent une approche innovante pour estimer la valeur des marchés correspondants.

Des scénarios d’évolution de l’activité de routage à moyen terme ont été élaborés et sont structurés suivant sept composantes : l’état de l’offre dans le domaine du routage des différents courriers, les stratégies et positionnements spécifiques aux opérateurs postaux historiques ou nouveaux entrants sur le marché français, l’évolution de la concentration dans le domaine du routage, les éléments techniques structurants, les effets des substitutions impactant le volume de l’activité de distribution postale, les éléments propres aux logiques de la demande, l’effet des actions réglementaires. Cinq scénarios ont été hiérarchisés. Le scénario qui s’impose pour le moyen terme est le scénario " tendanciel " (envisageant la poursuite des activités de routage dans les conditions qualitatives et quantitatives constatées sur les dernières années) conforté, d’une certaine façon, par le report annoncé de la libéralisation totale du secteur à 2011.

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