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12 décembre 2017

« L'Arcep veut accélérer la couverture numérique du territoire » - 3 questions à Sébastien Soriano, président de l'Arcep pour l'AFP (12 décembre 2017) 

Le président de l'Autorité de régulation des télécoms, Sébastien Soriano, dit vouloir "avancer rapidement" sur le déploiement des réseaux fixes et mobiles en France alors que l'Arcep recevait mardi les représentants des collectivités et les parlementaires.

Les discussions sont en cours entre le gouvernement et les opérateurs afin d'accélérer le déploiement mobile sur les territoires en échange de contreparties, peuvent-elles ne pas aboutir ?

C'est un projet très ambitieux qui correspond selon nous aux attentes des Français et à un effort d'investissement significatif du secteur. Cela nécessitera des contreparties, avec des fréquences renouvelées sans passer par de nouvelles enchères et donc un gel de la redevance. Cela nous semble être une solution équilibrée et sécurisante.

Mais le message aux opérateurs est clair: si le secteur devait ne pas converger sur la base de ces propositions, nous nous mettrons dès le début

2018 sur la définition de nouvelles obligations de couverture qui seront soumises dans le cadre de la procédure de renouvellement des fréquences (qui interviendront dans les deux prochaines années pour plusieurs d'entre elles, NDLR). S'il n'y a pas d'accord, ce ne sera qu'un très court répit pour le secteur car nous voulons avancer rapidement.

Face aux investisseurs, Orange a annoncé amorcer la baisse de ses investissements à partir de 2019, envisagez-vous des conséquences sur le rythme de déploiement de la fibre en France?

Cette annonce rappelle avant tout que, dans le domaine de la fibre, un seul opérateur n'a pas les épaules assez solides pour porter les ambitions du pays. Nous avons appelé par le passé à un meilleur équilibrage des déploiements, notamment dans la zone moyennement dense, entre Orange et SFR.

Les annonces d'Orange nous confortent en ce sens. Aujourd'hui, les investissements sont à environ 50% le fait d'Orange, pour les 50% restants venant des trois autres opérateurs. Il serait contre-productif de marcher sur une seule jambe.

Nous avons également besoin d'un opérateur comme SFR, qui est un grand opérateur d'infrastructures, pour porter l'effort d'investissement sur la fibre et la 4G. Nous souhaitons accompagner sa volonté d'investissement en l'intégrant dans un ensemble, en le faisant en bonne intelligence avec les collectivités territoriales mais sans pour autant la brider.

Vous avez annoncé lundi la mise à disposition de fréquences radio pour du très haut débit internet, s'agit-il d'une alternative à la fibre pour certains territoires?

C'est une solution transitoire. Nous ouvrons ces fréquences pour dix ans car nous souhaitons qu'il soit bien clair qu'il ne s'agit pas d'une solution pérenne, tout en rendant l'investissement valable avec une telle période.

Il est un peu tôt pour se poser la question de la fibre pour tous, l'ambition de 30 mégabits par seconde (Mbit/s) est déjà assez forte et correspondra à la demande de la plupart des ménages. Mais la question du long terme se posera et de quelles technologies pour prendre le relais. Il y a un vrai travail pour penser aux solutions au côté de la fibre, telles que la 5G par exemple.

Il faut cependant veiller à garantir un accès à la fibre pour toutes les entreprises, toutes les PME. Nous allons d'ailleurs surveiller les développements concernant le marché entreprises et le premier semestre va être critique pour Orange (qui doit notamment faciliter l'arrivée d'un opérateur de gros, Kosk, sur le marché entreprises, NDLR). Nous avons des ambitions fortes et pensons que le prix de la fibre peut être divisé par quatre ou cinq avec de nouveaux acteurs.

Propos recueillis par Erwan LUCAS



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