Paris, le 21 juin 2007
Historique
Dans sa décision d’analyse de marché du dégroupage,
l’Autorité avait estimé nécessaire que France Télécom
propose une offre de location de fibre permettant aux opérateurs alternatifs
de dégrouper les répartiteurs distants.
France Télécom a proposé en avril 2006
une première version de l'offre, dénommée "location fibre
optique" (LFO). France Télécom a publié en septembre 2006
une deuxième version de l’offre, en principe mieux adaptée aux
attentes des opérateurs alternatifs.
L’Autorité a organisé une consultation publique
du 5 octobre au 24 novembre 2006 pour évaluer le caractère satisfaisant
ou non de cette deuxième version. Au terme de cette consultation, l’Autorité
a identifié quatre domaines d’investigations :
- l’absence de fourniture d’information préalable, notamment la liste
des répartiteurs fibrés et le tracé de réseau
sous forme cartographique ;
- un rythme d’étude jugé insuffisant au regard des besoins des
opérateurs alternatifs et de ce que France Telecom réalisait
pour son propre compte ;
- l’application de règles d'ingénierie contraignantes, notamment
la réservation d'un certain nombre de fibres pour les besoins propres
de France Telecom et l'absence de prestations de désaturation ;
- l'éventualité d'une application discrétionnaire des
règles d’ingénierie selon les territoires et notamment l'existence
de réseaux d'initiative publique.
L’Autorité a ouvert une enquête administrative
le 19 décembre 2006 sur le fondement de l’article L. 32-4. L’enquête
s’est déroulée de janvier à avril 2007 et a comporté
une phase d'audit des processus internes des France Telecom et une phase de
contre-étude des résultats fournis par France Telecom aux opérateurs
alternatifs.
France Télécom a proposé courant mai 2007
des améliorations de son offre de "location fibre optique" dont l’Autorité
a tenu compte pour apprécier les suites à donner à l’enquête.
Sur les informations préalables
Les agents de France Télécom utilisent localement
des cartes synoptiques du réseau de transmission pour les besoins de
programmation et de planification de France Télécom et pour réaliser
les études LFO. A partir des extractions de base de données de
France Telecom l’Autorité a été en mesure d'établir
des cartes indiquant la disponibilité de fibre, département par
département, sous réserve de possibles réservations ou
travaux de réaménagement.
France Télécom a proposé que des cartes
synoptiques de ce type soient utilisées comme base de discussion entre
France Telecom et les opérateurs alternatifs lors de la phase de programmation
des études de faisabilité.
Sur le rythme des études d'éligibilité
L'enquête a montré que le rythme d'étude
de faisabilité était limité d'une part par la capacité
de production de France Telecom et d'autre part par la nécessaire allocation
des ressources entre ses besoins propres et ceux des opérateurs alternatifs.
France Télécom a proposé d’augmenter de 50% le rythme d’étude
de l'offre LFO.
Sur les règles d'ingénierie
L’Autorité a pu évaluer l’impact des règles
d’ingénierie retenues par France Télécom pour son offre
LFO. Il s’agissait d'évaluer l'effet de la réservation de fibre
pour les besoins propres de France Telecom sur la disponibilité de l'offre
LFO.
Les contre-études ont permis de constater que certains
tronçons du réseau de France Telecom sont saturés à
la fois pour les opérateurs alternatifs au travers de l'offre LFO et
pour les besoins propres de France Telecom.
France Télécom a proposé des évolutions
de son offre sur les portions de réseau saturées (information
des opérateurs sur les tronçons saturés et information
pendant deux ans des projets de désaturation de ces tronçons).
Sur l'éventualité d'un traitement discrétionnaire
L’Autorité a procédé à un audit
de processus. L'Autorité n'a identifié aucun indice pouvant laisser
supposer que France Telecom aurait donné des consignes à ses agents
pour apporter des réponses discrétionnaires ou inéquitables
aux demandes de location de fibre optique.
Les résultats des contre-études réalisées
par l'Autorité à partir des bases de données de France
Telecom sur un échantillon de zones test convergent avec les résultats
transmis par France Telecom aux opérateurs alternatifs sur ces mêmes
zones.
L’hypothèse d’un traitement discrétionnaire des
territoires par France Télécom est donc infirmée.
Conclusion
A ce stade, compte tenu des éléments recueillis
dans le cadre de l’enquête et des améliorations apportées
par France Télécom, l’Autorité n’estime pas nécessaire
de réguler dans le cadre de l’offre de référence de dégroupage
l’offre de "location fibre optique" proposée par France Télécom
aux opérateurs alternatifs sur une base commerciale.