L’Autorité souhaite s'assurer d'une mutualisation effective des réseaux entre les opérateurs d'offres à très haut débit.
Dans cette optique, deux consultations publiques seront lancées avant l'été, sur l'accès des opérateurs aux fourreaux existants et sur la mutualisation de la partie terminale des réseaux fibre
Paris, le 6 juin 2007
Au cours des derniers mois, les principaux opérateurs
français ont annoncé et ont commencé à mettre en
œuvre des plans de déploiement de réseaux d'accès très
haut débit, à Paris et dans certaines grandes villes de province.
Ces initiatives s’inscrivent dans la continuité de la
dynamique du marché du haut débit et placent la France en avance
par rapport à ses homologues européens. Afin de favoriser l'efficacité
des investissements au bénéfice final des consommateurs, l'Autorité
souhaite contribuer à l’émergence d’un cadre favorable au développement
du très haut débit. Au cours des prochains mois elle estime nécessaire
d’approfondir deux sujets : l'accès des opérateurs aux fourreaux
et le partage de la partie terminale des réseaux.
Favoriser le déploiement des opérateurs en
mutualisant les fourreaux
Le renouvellement complet de la boucle locale cuivre par des
boucles locales en fibre optique nécessite un investissement de plusieurs
dizaines de milliard d'euros. Les coûts de génie civil et de pose
de fourreaux représentent plus de la moitié du coût de construction
d'une nouvelle boucle locale fixe. Dans ces circonstances, la possibilité
de mutualiser des infrastructures de génie civil (fourreaux, chambres)
est un facteur essentiel de l’équation économique des opérateurs.
Plusieurs démarches sont engagées en ce sens :
En premier lieu, le Comité des Réseaux d'Initiative
Publique (CRIP), lieu d’échanges et de concertation entre l’ARCEP, les
collectivités territoriales et les opérateurs, étudie les
modalités d’intervention des collectivités en faveur du très
haut débit, telle que la pose des fourreaux surnuméraires par
les collectivités à l'occasion de travaux de voirie et leur location
aux opérateurs.
=> Des points de repères seront publiés avant
la fin de l'année.
Ensuite, des travaux ont été engagés par
l'Arcep pour évaluer l'opportunité et la faisabilité d'une
régulation des fourreaux de l'opérateur historique. En effet,
France Télécom possède et exploite plusieurs centaines
de milliers de km de fourreaux installés notamment pour le réseau
téléphonique et les réseaux du Plan Câble. Ces infrastructures
ne sont que partiellement occupées et sont susceptibles de faciliter
le déploiement de réseaux en fibre optique.
Une telle régulation concentrée sur les couches
les plus basses des réseaux permettrait de stimuler les investissements
des opérateurs en diminuant les besoins de régulation sur les
couches plus hautes : architecture des réseaux en fibres, structure et
tarification des offres activées.
=> L'Autorité mettra à l'été
en consultation publique une analyse de marché portant sur la situation
concurrentielle des fourreaux et sur leur régulation éventuelle.
Mutualiser la partie terminale des réseaux pour éviter
la création de monopoles locaux
La mutualisation de la partie terminale des réseaux
est indispensable :
- pour limiter les nuisances dans les immeubles et les logements en évitant
une multiplication des travaux de pose de réseaux par les différents
opérateurs ;
- pour permettre aux habitants de faire jouer la concurrence entre les fournisseurs
de service très haut débit sans être captifs du premier
opérateur qui aura équipé leur immeuble.
Les opérateurs ayant commencé à déployer
des réseaux fibre dans les immeubles semblent d'ailleurs indiquer aux
syndics et copropriétaires que leur réseau est "mutualisable".
Or à ce jour leurs offres d'accès ou de mutualisation
n'ont été ni publiées ni portées à la connaissance
de l'Autorité. Certains gestionnaires d'immeubles se sont interrogés
sur cette situation.
=> Afin de fournir une information transparente aux différents
acteurs, l'Autorité invite les opérateurs déployant des
réseaux à très haut débit à lui adresser
d’ici la fin du mois leur offre technique et tarifaire d'accès à
la partie terminale de leur réseau.
L'Autorité attachera la plus grande attention aux aspects
suivants : spécifications techniques des interfaces, tarifs de mise à
disposition, localisation des points d'interconnexion, prestations connexes
de raccordement des points d'interconnexion et d'hébergement des équipements.
=> Un document soumis à consultation publique visera
ensuite à préciser les principales conditions nécessaires
pour que la partie terminale d’un réseau fibre puisse être effectivement
mutualisée entre les différents opérateurs très
haut débit dans des conditions techniques et économiques raisonnables.
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Afin d'assurer la coordination des différents travaux
en cours une fonction de chef de projet très haut débit est créée
au sein de l’Autorité. Elle sera assumée par Sébastien
Soriano, chef de l’unité FTTx et dégroupage.