Paris, le 24 juillet 2007
Les terminaisons d’appel mobile : un enjeu pour l’ensemble du secteur
Tout opérateur offrant un service téléphonique
doit permettre à ses clients de joindre les 52 millions de mobiles
français. Pour cela, les opérateurs doivent acheter une prestation
de terminaison d’appel à chaque opérateur mobile dans des conditions
qui sont, en l’absence de régulation, décidées unilatéralement
par cet opérateur mobile. La terminaison d’appel vocal mobile constitue
donc un goulot d’étranglement. Les achats de terminaison d’appel mobile
sont le premier flux financier entre les opérateurs français et
représentent une recette perçue par les opérateurs mobiles
de plus de 3,3 milliards d’euros en 2006.
L’action de l’Autorité s’attache à prévenir
les problèmes concurrentiels découlant d’un niveau trop élevé
de cette terminaison d’appel. Ces problèmes peuvent affecter le fonctionnement
des marchés de la téléphonie fixe ou mobile et sont directement
ressentis par le consommateur. L’Autorité mène ainsi une politique
de réduction des terminaisons d’appel mobile depuis sa création
et a fait baisser le prix de ces prestations de plus de 30 ¢€/mn à la
fin des années 90 au niveau actuel compris entre 7,5 et 9,24 ¢€/mn en
métropole.
Enjeux sur les marchés mobiles
Une tarification inadéquate des terminaisons d’appel
est susceptible de limiter artificiellement la capacité des opérateurs
ayant les parts de marché les plus faibles à participer au jeu
concurrentiel. En effet, les opérateurs ayant de fortes parts de marché
peuvent " s’affranchir " du coût de la terminaison d’appel mobile
en créant des offres d’abondance limitées aux seuls appels
vers leurs propres abonnés. On parle d’offres d’abondance à effet
de réseau. Les opérateurs à plus faibles parts de marché
sont alors handicapés dans leur capacité de réaction dès
lors que le prix des terminaisons d’appel ne reflète pas la structure
et le niveau de coûts réels des réseaux mobiles. In fine,
c’est le consommateur mobile qui peut subir les conséquences d’un jeu
concurrentiel réduit.
Enjeux sur les marchés fixes

Le niveau des terminaisons d’appel mobile reste le principal
déterminant des tarifs de détail des communications fixe vers
mobile, communications parmi les plus chères. Les consommateurs en ont
limité en conséquence leur usage et l’essor des réseaux
mobiles ne s’est pas accompagné d’une hausse comparable du volume des
appels fixe vers mobile.
De plus, les niveaux actuels des terminaisons d’appel mobile,
comparés à ceux des terminaisons d’appel fixe, ne permettent pas
aux opérateurs fixes d’offrir à leurs clients l’inclusion -au
même titre que les appels fixe vers fixe- des appels fixe vers mobile
dans leurs offres illimitées de voix sur large bande.
Enjeux de convergence
Le développement des premières offres de convergences
fixe/mobile ou l’apparition d’offres d’abondance mobiles depuis le domicile
illustre la concurrence croissante entre opérateurs fixe et mobile. Par
ailleurs, si le niveau élevé des terminaisons d’appel vocal mobile
pouvait être historiquement justifié afin de faciliter le déploiement
initial des réseaux mobiles, la maturité actuelle des réseaux
mobiles en matière d’offre de téléphonie ne le justifie
plus.
Dans ce contexte, la régulation des terminaisons d’appel
doit tendre vers une approche plus neutre entre les mondes du fixe et du mobile :
permettant, d’une part, aux opérateurs fixes de plus facilement répliquer
les offres des opérateurs mobiles, et, d’autre part, aux consommateurs
de choisir de se tourner vers la technologie de leur choix, sans que les niveaux
de terminaison d’appel n’induisent de distorsion dans leurs préférences.

Enjeux européens
L’importance des terminaisons d’appel mobile dans le fonctionnement
du secteur appelle la mise en œuvre d’une politique de régulation cohérente
sur l’ensemble de l’Europe. La situation actuelle, où le prix d’une minute
de terminaison d’appel varie de 2 à 18 ¢€, ne peut s’expliquer par des
différences de géographie ou d’usage.
Les terminaisons métropolitaines d’appel vocal mobile
(7,5 ¢€ à 9,24 ¢€ la minute suivant l’opérateur) sont parmi
les moins chères en Europe. A l’opposé, dans les départements
et collectivité d’outre-mer, avec des prix allant de 12,6 ¢€ à
plus de 30 ¢€ la minute, les prix demeurent très élevés.
L’Autorité estime nécessaire et urgent un renforcement
de l’harmonisation européenne des politiques de régulation des
terminaisons d’appels. L’Autorité considère que ce processus d’harmonisation
doit être conduit dans le cadre du Groupe des Régulateurs Européens
(GRE) réunissant la Commission européenne et les régulateurs
nationaux.
Niveaux des terminaisons d’appel envisagés en métropole
Dans ces circonstances, l’Autorité propose de poursuivre
sa politique de baisse du prix des terminaisons d’appel mobile en imposant une
nouvelle baisse au 1er janvier 2008 du tarif de terminaison d’appel
mobile d’Orange France et SFR de 7,5 à 6,5 ¢€ la minute et de 9,24 à
8,5 ¢€ la minute pour Bouygues Télécom.
Ces tarifs resteront valables pendant 18 mois. Durant cette
période, l’Autorité s’engagera au coté de la Commission
européenne et des autres régulateurs pour renforcer l’harmonisation
des politiques de régulation des terminaisons d’appel mobile.
Niveaux des terminaisons d’appel envisagés outre-mer
Compte tenu du niveau élevé des terminaisons
d’appel outre-mer, situation qui ne peut s’expliquer dans une telle proportion
par les structures de coût des opérateurs, l’Autorité propose
de poursuivre le processus d’orientation sur les coûts en suivant une
baisse de 50% sur 3 ans à travers :
- l’imposition des encadrements tarifaires suivants à
Orange Caraïbe et SRR, soumis à l’obligation de pratiquer
des tarifs reflétant les coûts
- l’explicitation, au cas d’espèce de chaque opérateur
actif outre-mer, de la portée de l’obligation de non excessivité
qu’elle lui impose.
|
Tarif au 1er janvier de l’année
en ¢€ la minute
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2007
tarif actuel
|
2008
proposé
|
2009
Proposé
|
2010
proposé
|
|
Orange Caraïbe
|
13,2
|
11
|
8,7
|
6,5
|
|
SRR
|
12,6
|
10,5
|
8,5
|
6,5
|
La consultation publique
Les deux projets de décision concernant respectivement
la métropole et l’outre-mer sont mis en consultation publique jusqu’au
14 septembre 2007 à 17h. Les réponses doivent parvenir à
l’adresse électronique suivante: m16@arcep.fr
L’Autorité, dans un souci de transparence, publiera
l’intégralité des commentaires qui lui seront
transmis, à l’exclusion des parties couvertes par le secret des affaires.
En parallèle, l’Autorité notifie ces projets
de décisions à la Commission européenne et aux autres régulateurs
européens.
Après avoir pris en compte les commentaires et observations
reçus, l’Autorité sera en mesure d’adopter les décisions
finales à l’automne, pour une mise en œuvre effective au 1er
janvier 2008.