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VDSL2

Le comité d'experts cuivre indépendant rend un avis favorable sur l'introduction de la technologie VDSL2 sur le réseau de boucle locale de cuivre de France Télécom  

Paris, le 26 avril 2013

Le comité d'experts cuivre, comité indépendant regroupant différents opérateurs, dont France Télécom, propriétaire du réseau de cuivre et des équipementiers, a rendu par consensus le 26 avril un avis favorable concernant l'introduction du VDSL2 sur la boucle locale de cuivre de France Télécom.

Un contexte d'introduction de la technologie inédit en Europe

L'avis du comité d'experts est l'aboutissement d'une procédure d'instruction approfondie, lancée en 2011, dont l'objectif était de permettre l'utilisation du VDSL2 sur le territoire dans une configuration inédite en Europe, à savoir en situation de dégroupage, sans perturber les technologies DSL existantes. De nombreux acteurs ont contribué aux différentes étapes de ces travaux d'instruction (simulations théoriques, tests en laboratoire et tests sur des lignes réelles) qui ont permis au comité d'experts de définir un compromis technique afin de disposer des meilleurs débits VDSL2, néanmoins inférieurs aux débits théoriques maximum permis par la technologie, dans un contexte de cohabitation accrue avec les autres technologies xDSL (*).

Un périmètre d'utilisation limité

Le VDSL2 est une technologie applicable aux lignes de cuivre et qui permet d'augmenter de façon significative le débit par rapport à l'ADSL. Toutefois, en raison de contraintes physiques inhérentes à cette technologie, le gain de performance du VDSL2 se limite aux lignes de cuivre dont la longueur n'excède pas 1 km. Pour les lignes de longueur supérieure, les performances du VDSL2 sont équivalentes à celles fournies par l'ADSL2+. En outre, pour des raisons techniques, l'examen de l'introduction du VDSL2 a été limité aux lignes en " distribution directe " et aux lignes des NRA issus d'un réaménagement de réseau (par exemple les lignes concernées par un projet de montée en débit via l'offre PRM) (*).

Comme l'indique le tableau ci-dessous, les logements et locaux professionnels qui pourraient bénéficier d'un service haut débit plus performant grâce à l'utilisation du VDSL2 représentent environ 16% des lignes et sont principalement concentrés dans les zones qui ne feront pas l'objet de déploiements FttH à court terme.



Les NRA de la boucle locale de cuivre de France Télécom regroupent des lignes de longueurs différentes. Par conséquent, le pourcentage de lignes observées localement, pour chacune des catégories du tableau ci-dessus, dépendra de la dispersion des longueurs des lignes rattachées au NRA considéré.

Une ouverture commerciale nationale à l'automne 2013

Dès aujourd'hui, une pré-généralisation du VDSL2 est lancée à l'échelle de deux départements, la Dordogne et la Gironde. Cette opération va permettre aux opérateurs tiers de tester l'ensemble des processus des offres de gros dans le cadre de l'utilisation du VDSL2 : commandes, livraison et identification des difficultés.

A la suite de cette pré-généralisation, France Télécom complètera ses offres de gros pour y inclure le VDSL2. Dès la publication de ces nouvelles offres, les opérateurs disposeront d'un délai de trois mois pour préparer le lancement du VDSL2 sur le reste du territoire. Dans l'hypothèse où aucun contretemps ne viendrait retarder les dernières étapes nécessaires à l'introduction du VDSL2, cette technique pourrait être utilisée par les opérateurs sur l'ensemble du territoire au cours de l'automne 2013. Le calendrier de disponibilité commerciale des offres VDSL2 dépendra ensuite de la stratégie propre à chaque opérateur.

L'ARCEP suivra attentivement l'introduction du VDSL2 et en dressera un bilan un an après son ouverture sur l'ensemble du territoire.

(*) Ces points font l'objet de compléments d'explications dans le document annexe


Annexe complémentaire relative à l'introduction du VDSL2 sur la boucle locale

À propos du comité d'experts

L'introduction d'une nouvelle technique sur le réseau de boucle locale de cuivre de France Télécom suppose de s'assurer au préalable que les accès déjà en service ne seront pas perturbés par l'introduction de la nouvelle technique. À cet effet, une analyse approfondie et des expérimentations sont indispensables.

L'ARCEP a ainsi mis en place, depuis plusieurs années, un comité d'experts, indépendant de l'Autorité, pour étudier les aspects techniques de l'introduction de toute nouvelle technologie sur le réseau de boucle locale de cuivre. Le comité peut être saisi pour avis sur une question technique par l'Autorité ou par l'un de ses membres et mène alors les études techniques contradictoires nécessaires pour répondre à la question posée.

Ce comité rassemble France Télécom, les opérateurs de dégroupage et les principaux équipementiers. Il se réunit chaque mois. Des représentants des collectivités territoriales assistent également aux réunions du comité. Le comité procède successivement à des simulations théoriques, à des tests en réseau captif, puis à des expérimentations sur le terrain.

Si l'ensemble de ce processus conduit à un consensus du comité sur la possibilité et les modalités d'introduction de la nouvelle technique, le comité rend un avis positif.

Un contexte d'introduction de la technologie inédit en Europe

Les opérateurs en situation de dégroupage utilisent indifféremment les technologies xDSL autorisées sur la boucle locale pour proposer les services à haut débit à leurs abonnés. L'introduction du VDSL2 accroît par conséquent la cohabitation entre différentes technologies xDSL sur la boucle locale de cuivre de France Télécom. Ces signaux transitent simultanément sur les paires de cuivre regroupées en aval du NRA dans le câble de transport.



Le comité d'experts a étudié les conséquences de la cohabitation du VDSL2 avec différentes technologies xDSL au sein d'un même câble, et en particulier au sein d'une sous-partie de câble appelée " toron ". Lors de ses travaux d'instruction en vue de l'introduction du VDSL2, le comité d'experts a identifié les " profils " VDSL2 descendants et remontants les mieux adaptés pour réduire les perturbations électromagnétiques causées ou subies par les autres lignes proches d'un toron, au prix de performances moindres en termes de débit.

Par ailleurs, le VDSL2 utilisant des signaux de fréquences élevées, cette technologie est encore plus sensible à certaines contraintes externes à la boucle locale de cuivre que d'autres technologies xDSL moins performantes en débit. Le VDSL2 sera ainsi plus sensible à des perturbations électromagnétiques externes à la boucle locale, aux origines très variées (équipements domestiques défaillants, ascenseurs, enseignes lumineuses, ...).

En outre, l'installation interne de cuivre de l'abonné peut entraîner une diminution des performances de débit du VDSL2. C'est le cas par exemple des habitations qui présentent, en aval d'un même accès de cuivre de la boucle locale, de nombreuses prises téléphoniques installées dans plusieurs pièces du logement.

Par conséquent, les performances réelles du VDSL2 sur le territoire seront inférieures aux performances théoriques maximales de la technologie. En effet, alors que les performances théoriques maximales du VDSL2 peuvent permettre d'atteindre jusqu'à 100Mbit/s (débit descendant), compte tenu des contraintes d'introduction exposées précédemment, le débit réel maximum observé sur le territoire devrait se situer autour de 50 Mbit/s (débit descendant) pour les lignes les plus courtes.

Un périmètre d'utilisation limité

Pour des raisons techniques, l'examen de l'introduction du VDSL2 a été limité aux lignes en " distribution directe " - c'est-à-dire sans point de flexibilité de réseau intermédiaire entre le répartiteur et l'abonné - et aux lignes dans des configurations proches de la " distribution directe " - c'est-à-dire les lignes d'un NRA issu d'un réaménagement du réseau de cuivre, par exemple dans le cas d'un projet de montée en débit via l'offre PRM.



Seuls certains logements ou locaux professionnels pourront donc bénéficier d'un gain en débit avec le VDSL2 : il s'agit des logements situés à la fois à proximité immédiate (moins de 1 km) des répartiteurs de France Télécom et sur une ligne en distribution directe ou raccordée à un NRA issu d'une opération de réaménagement du réseau de cuivre.

Ces logements représentent environ 16% des lignes (environ 5 millions), et sont concentrés dans les zones qui ne bénéficieront pas de déploiements FttH à court terme.



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