Bonjour à toutes et à tous, merci d'avoir répondu à
notre invitation malgré des emplois du temps traditionnellement chargés
en décembre.
Nous allons débuter cette première table ronde, consacrée
à " l'articulation entre initiatives publiques et privées
sur le très haut débit ", thème que je vais rapidement
mettre en perspective.
Oui, c'est un thème sensible, au moment où opérateurs
et collectivités se mobilisent à la demande de l'Etat pour répondre
à l'attente, voire à l'exigence, exprimée par les citoyens
et les entreprises de bénéficier rapidement d'un accès
internet fluide et permanent.
La réponse française à cette exigence s'appuie sur une
double volonté d'intervention, une double dynamique d'investissement
sur les infrastructures numériques, portée par les opérateurs
et par les collectivités territoriales qui, chacun, souhaitent mettre
en œuvre leur cœur de compétence :
- d'un côté les grands opérateurs nationaux souhaitent
construire ces nouveaux réseaux pour maîtriser leur indépendance
technique et économique ; ils ont ainsi annoncé vouloir co-investir
pour desservir en fibre par un réseau mutualisé près de
60% des foyers français, en conformité avec les règles
fixées par l'ARCEP
- simultanément, et c'est une spécificité française,
les collectivités sont de plus en plus nombreuses à se préparer
à agir pour l'aménagement numérique de leur territoire,
pour ne pas laisser s'installer une nouvelle fracture numérique sur le
très haut débit, pour développer la compétitivité
et l'attractivité de leur territoire, mais aussi pour traiter les urgences.
Oui, des questions se posent, de frontière, de rapidité
de déploiement, de respect des engagements de déploiement, de
soutien réciproque dans les déploiements ou la commercialisation,
de financement privé et encore plus de financement public.
De toute évidence, et c'est une grande différence avec les 10
dernières années, nous entrons dans une nouvelle phase où
le destin des opérateurs et des collectivités sur la question
des réseaux sont étroitement liés. Les opérateurs
ont besoin des collectivités pour déployer sur le domaine public,
et ils ont naturellement intérêt à étendre leurs
services à l'ensemble du territoire. Les collectivités ont besoin
du co-investissement des opérateurs, qui seront par ailleurs les clients
principaux des réseaux d'initiative publique sur le marché résidentiel.
Il est donc indispensable que les opérateurs et les collectivités
s'accordent pour mettre en œuvre leurs objectifs respectifs, qui doivent
converger avec l'intérêt général.
C'est toute la question de l'articulation entre initiatives privées
et initiatives publiques dont nous allons débattre au cours de cette
première table ronde.