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I. Très haut débit fixe
L’ARCEP a mis en place en avril 2009
un premier tableau de bord du très haut débit fixe permettant de suivre l’état
de déploiement de la fibre sur le territoire, l’utilisation des offres de gros
de génie civil de France Télécom et la mise en œuvre de la mutualisation des
réseaux en fibre optique jusqu’à l’abonné par l’ensemble des opérateurs. Ce
tableau de bord recouvre à la fois les offres très haut débit en fibre optique
jusqu’à l’abonné et les offres très haut débit en fibre optique avec
terminaison en câble coaxial. Ces deux technologies permettent de fournir du
très haut débit fixe avec des performances différentes, notamment en termes de
débits remontants accessibles.
Les déploiements de fibre optique
sur la partie horizontale se poursuivent
Depuis plus de trois ans, les
principaux opérateurs ont engagé des déploiements en fibre optique sur la
partie horizontale, c’est-à-dire située sur le domaine public. Une quarantaine
d’agglomérations sont aujourd’hui concernées.
Il convient de distinguer, d’une
part, la technologie FttH (Fiber to the Home), qui consiste à déployer la fibre
optique jusqu’à l’abonné et, d’autre part, la technologie déployée par
Numericable, consistant à remplacer par de la fibre optique une partie des
câbles coaxiaux situés sur le domaine public, jusqu’au niveau de la partie
terminale qui reste en câble coaxial.
La carte ci-dessous illustre l’état
des déploiements de réseaux en fibre optique en cours au niveau national
pour les deux technologies :

Pour agrandir la carte, cliquez sur l'image.

Les
opérateurs alternatifs utilisent de manière croissante l’offre de gros d’accès
aux infrastructures de génie civil de France Télécom.
À la fin du 3ème trimestre 2011, environ
5 240 km de génie civil étaient loués à France Télécom par les opérateurs
alternatifs [1], soit une
augmentation de 160 % en un an (2 030 km au 30 septembre 2010).
L’équipement des logements en fibre
optique se poursuit.
Environ 1 350 000 logements sont
éligibles aux offres très haut débit en fibre optique jusqu’à l’abonné (FttH).
Le nombre de logements éligibles est en hausse d’environ 40 % par rapport au 30
septembre 2010.
Par ailleurs,
environ 4,3 millions de logements sont éligibles à des offres très haut débit
en fibre optique avec terminaison en câble coaxial, dont un peu plus de 1,2
million se situent en dehors de la zone très dense.
La mutualisation poursuit sa croissance
et concerne désormais près de 30 % du parc des logements éligibles au FttH
Au 30 septembre 2011, dans 405 000
logements (soit 30 % du parc de logements éligibles aux offres FttH), au moins
deux opérateurs sont en mesure de commercialiser des offres très haut débit en
fibre optique via une offre passive au point de mutualisation. Au sein de ce
parc, 13 000 abonnements ont été souscrits auprès d’un opérateur autre que
l’opérateur d’immeuble (+ 620 % en un an).
Le tableau et le graphique suivant
résument les principales évolutions au troisième trimestre 2011 :
| |
30 septembre 2010 |
31 décembre 2010 |
31 mars 2011 |
30 juin 2011 |
30 septembre 2011 |
Évolution annuelle |
Linéaire de génie civil loué à France Télécom |
2 030 |
2 690 |
3 290 |
4 560 |
5 240 |
160 % |
Logements éligibles au FttH |
967 000 |
1 075 000 |
1 135 000 |
1 210 000 |
1 350 000 |
40 % |
Logements éligibles aux offres FttH de plusieurs opérateurs (*) |
130 000 |
175 000 |
250 000 |
336 000 |
405 000 |
210 % |
Abonnés via la mutualisation |
1 800 |
3 300 |
6 000 |
9 300 |
13 000 |
620 % |

(*) via
une offre passive au point de mutualisation
II. Haut débit fixe
Au 30 septembre 2011, le marché des
offres de gros du haut débit par DSL atteignait près de 11,3 millions
d’accès, dont plus de 8,5 millions en dégroupage total.
Au 30 septembre 2011, le parc total
des accès achetés sur le marché de gros à France Télécom par les opérateurs
alternatifs s’élevait à 11,3 millions d’accès, soit un accroissement de
866 000 accès sur un an. Ces accès sont commercialisés par les opérateurs
alternatifs sur les marchés de détail du haut débit par DSL, résidentiel et
professionnel.
Le parc des accès de gros se
répartit de la façon suivante* au niveau national :
*entre parenthèses : croissance
nette en volume au cours du dernier trimestre
La totalité des NRA (nœuds de
raccordement d’abonnés, sièges des répartiteurs) sont aujourd’hui équipés en
DSL en métropole et dans les DOM, et près de 99.0 % des lignes en cuivre
sont éligibles à un service haut débit. Des opérations de réaménagement du
réseau de boucle locale cuivre de France Télécom, consistant à créer de
nouveaux NRA (nommés NRA-xy) plus proches des abonnés et donc à réduire la
longueur des paires de cuivre, sont menées régulièrement pour augmenter
l’éligibilité des lignes. A ce jour, près de 2 500 NRA-xy ont été créés, dont
plus de 1 600 NRA-ZO, pour remédier spécifiquement aux problèmes
d’éligibilité dans les zones d’ombre.
Avec plus de 5 900 NRA
dégroupés à la fin du 3ème trimestre 2011, dont plus d’une centaine de NRA-ZO,
la couverture en dégroupage a quasiment dépassé le seuil de 85 % de la
population. 170 nouveaux NRA ont ainsi été dégroupés au cours des trois
derniers mois, dont une quinzaine de NRA-ZO.
Le tableau ci-dessous présente les
parcs des accès de gros à la fin du 3ème trimestre 2011, en distinguant la zone
dégroupée, correspondant à l’ensemble des NRA dégroupés par au moins un
opérateur alternatif, et la zone non dégroupée.
|
Situation de la couverture du dégroupage
au 30 septembre
2011
|
Définitions
Offres très haut débit : offres de services de communications électroniques proposées sur le
marché de détail et incluant un service d’accès à internet avec un débit crête
descendant supérieur à 50 Mbit/s et un débit crête remontant supérieur à
5 Mbit/s. Ces offres sont principalement de deux types :
- les offres très
haut débit en fibre optique jusqu’à l’abonné ;
- les offres très
haut débit en fibre optique avec terminaison en câble coaxial.
Logements éligibles aux offres très haut débit en fibre
optique jusqu’à l’abonné : logements ou locaux à usage professionnel dont l’occupant éventuel
peut souscrire aux offres commerciales très haut débit d’au moins un
fournisseur d’accès à internet et fondées sur la technologie FttH (Fiber to the
Home). Afin d’éviter les doubles comptes, chaque opérateur déclare l’ensemble
des logements ou locaux à usage professionnel dans la zone arrière des points
de mutualisation qu’il exploite pour lesquels le point de branchement optique
est posé et pour lesquels au moins un opérateur a relié le point de
mutualisation à son réseau de transport. Dans les immeubles de plusieurs
logements ou locaux à usage professionnel comprenant une colonne montante, le
point de branchement optique est généralement situé dans les boîtiers d’étage
de la colonne montante ; les logements sont donc considérés comme
éligibles si la colonne montante est équipée d’un câblage en fibre optique et
les points de branchement optiques posés ; dans les autres cas, le point
de branchement optique peut se trouver à l’extérieur de l’habitat à proximité
immédiate du logement ou local à usage professionnel. Dans tous les cas, le
raccordement final du logement peut être réalisé ultérieurement.
Logements
éligibles aux offres très haut débit en fibre optique avec terminaison en câble
coaxial :
logements ou locaux à usage professionnel dont l’occupant éventuel peut
souscrire auprès d’au moins un fournisseur d’accès à internet à des offres
commerciales très haut débit fondées sur la technologie consistant à réutiliser
la desserte intérieure des immeubles des réseaux câblés.
Abonnements
très haut débit :
abonnements de foyers particuliers ou de professionnels à des offres très haut
débit. Le nombre d’abonnements n’est pas nécessairement le même que le nombre
d’abonnés, un même foyer pouvant souscrire à plusieurs abonnements.
Abonnements
très haut débit via la mutualisation : abonnements très haut débit pour lesquels le
fournisseur de services accède, éventuellement par l’intermédiaire d’un tiers,
au réseau d’un opérateur tiers au point de mutualisation en application de
l’article L. 34‑8‑3 du code des postes et des communications
électroniques.
Dégroupage : offre de gros de France Télécom
régulée permettant aux opérateurs alternatifs d’avoir un accès direct à la
paire de cuivre. Ils doivent pour cela avoir installé au préalable leurs
propres équipements au niveau des répartiteurs de France Télécom. Ils sont
alors en mesure de contrôler l’accès haut débit de bout en bout et de fournir
un service différencié de celui de l'opérateur historique.
Le dégroupage existe selon deux
modalités :
- le dégroupage partiel où
l’abonné conserve un abonnement au service téléphonique classique
- le dégroupage total où l’abonné
n’a plus d’abonnement au service téléphonique classique
Bitstream : type d’offre de gros
permettant aux opérateurs alternatifs de louer des accès haut débit qui ont été
activés par France Télécom. Ils doivent pour cela avoir raccordé au préalable
un ou plusieurs points de livraison du réseau de France Télécom. Ils sont alors
en mesure de proposer des services haut débit de détail dans les zones où ils
ne sont pas présents au titre du dégroupage.
France Télécom proposent deux offres
de gros de type bitstream :
- l’offre de bitstream régional,
régulée, qui suppose que l’opérateur a raccordé plusieurs points de
livraison régionaux, et qui se décline en trois modalités :
- « bitstream
classique » si l’abonné conserve un abonnement au service
téléphonique classique
- « bitstream ADSL
nu » si l’abonné n’a plus d’abonnement au service téléphonique
classique
- « DSL-E »
(DSL-Entreprise), qui est une offre à débit garanti à destination d’un
usage professionnel, sur un accès sans abonnement au service téléphonique
- l'offre de bitstream national,
livrée en région parisienne pour les FAI n’ayant pas déployé de réseau.
Cette offre n’est plus régulée depuis septembre 2006, et son parc d’accès
diminue rapidement.
ATM (Asynchronous Transfer Mode) : t echnique de transmission à haut
débit permettant de multiplexer des flux de données sous forme de paquets
(nommés cellules ATM) en mode connecté avec une qualité de service garantie.
DSL (Digital Subscriber Line) : technologie permettant
d’utiliser les lignes de cuivre raccordant les clients du réseau téléphonique
commuté (RTC) pour des transmissions de flux de données à haut débit sous forme
de paquets.
IP (internet Protocol) : protocole de base utilisé
sur internet pour la transmission des données. Il définit la façon d'organiser
les paquets d'information pour pouvoir les acheminer sur le Web.
NRA-xy : terme utilisé pour désigner les
nouveaux NRA issus des opérations de réaménagement du réseau de boucle locale
cuivre de France Télécom, consistant à rapprocher le NRA des abonnés et ainsi
raccourcir la paire de cuivre. Il s’agit notamment :
- des NRA-HD, construits par
France Télécom entre 2005 et 2008 pour les besoins du haut débit,
notamment dans les zones d’activité ;
- des NRA-ZO, mis en place pour
améliorer l’éligibilité au haut débit dans les zones d’ombre, notamment à
l’initiative des collectivités territoriales ;
- des NRA autres, construits par
France Télécom pour adapter son réseau de boucle locale en fonction des
besoins liés à l’évolution démographique.
________
[1] Il s’agit ici d’une mesure du linéaire de génie
civil au niveau duquel se font les déploiements, et non du linéaire de câbles
en fibre optique déployés en tant que tels. En particulier, un opérateur peut
être amené à installer plusieurs câbles en fibre optique le long d’un même
tronçon de génie civil.